Hidalgo : « Quelle confusion ! »

Hidalgo : « Quelle confusion ! »

Publié le lundi 21 juin 2010 à 09H26 - Vu 1284 fois

Trop de questions et pas assez  de réponses.  Le sélectionneur des années 80 préfère se taire.

GÊNÉ, plus que gêné. « Je refuse à tout le monde ». Sélectionneur de l'équipe de France, entraîneur de l'OM et maintenant référence morale et technique, Michel Hidalgo s'est toujours livré à la presse. Mais « la situation (des Bleus) est devenue tellement complexe » que l'ancien Rémois « préfère se taire ».
« Impossible de faire le tri. Raymond Domenech est-il avec les joueurs ou est-il tout seul ? Comment une équipe peut-elle jouer si elle ne s'entraîne pas ? Quelle est la position exacte de la Fédération ? Anelka va-t-il finalement rester ? A priori, il paraît qu'il est encore là-bas mais on ne sait pas où il se trouve exactement », s'interroge Michel Hidalgo.

Le précédent Platini-Larios

La demi-finale de Séville a éclipsé ce qui fut aussi une affaire particulièrement glauque puisque relevant de la sphère privée bien plus que l'insulte de Nicolas Anelka.
A l'époque, en plein Mundial 1982, le scoop avait été révélé par Libération (« Je ne lisais pas ce journal ») et non par L'Equipe. Michel Platini aurait demandé la tête de son coéquipier à Saint-Etienne Jean-François Larios parce que ce dernier l'avait « cocufié » ou tenté trop ouvertement de le faire.
Entraîneur des Tricolores à l'époque, Michel Hidalgo réfute cette version : « Le contexte était différent. Michel Platini ne m'a jamais demandé à ce que Larios ne joue pas. C'est Larios, de lui-même, qui m'avait téléphoné de Barcelone, où il se trouvait, pour me dire qu'il quittait la sélection ».
« Larios avait été bien dans cette affaire. Mais on ne pouvait pas pour autant lui dire bravo pour ce qu'il avait fait avant. Sa décision a tout simplifié », révèle encore le sélectionné.
Le « coupable » ne disputa que le match d'ouverture perdu (1-3) contre l'Angleterre à Bilbao. Remplacé à la 74e par Jean Tigana, il fit ses valises illico presto.
Durant toute la compétition, le groupe France fut privé de celui qui portait… n° 13. Après coup, d'aucuns ont même affirmé qu'avec le solide milieu défensif des Verts, les Bleus auraient peut-être pu tenir le choc physiquement devant les Allemands à Séville.
Dans l'une de ses éditions en 2006, le très respectable Sunday Times classé cet « incident » au 3e rang des clashes ayant émaillé l'histoire de la Coupe du monde. Après les coups de sang de Grégory Coupet (2006) et de l'Irlandais Roy Keane (2002). Du menu fretin à côté de la saillie d'Anelka et de ses conséquences.
Le journal anglais devra revoir son top des « bust-ups »…

Jean-Pierre PRAULT

L'union l'Ardennais