Publié le lundi 14 juin 2010 à 10H00 - Vu 162 fois
Les caravanes stationnent entre la voie rapide et les entrepôts industriels.
TANDIS que les soixante caravanes d'une communauté évangéliste ont quitté, hier, la parcelle privée de Fagnières (lire notre édition de mardi), 120 autres se sont installées dans la zone industrielle de Saint-Martin-sur-le-Pré. Mais cette fois, sans provoquer de drame à la communauté d'agglomération.
Il faut dire que les événements ne se sont pas déroulés de la même manière. À Fagnières, les évangélistes s'étaient rabattus en dernière minute, sans en avertir la mairie, sur une parcelle privée appartenant à un bailleur social, après avoir constaté que l'aire d'accueil destinée aux grands rassemblements, route de Marson, était impraticable. D'où la colère du maire qui est allé jusqu'à refuser d'établir le ramassage des ordures, l'eau et l'électricité aux quarante familles. Tout en réclamant, auprès du préfet, le départ des caravanes, y compris en recourant à la force publique si nécessaire. Soumis à une forte pression, les services de l'État ont tenté de jouer les médiateurs.
Une aire jugée impraticable
Hier, l'arrivée d'une nouvelle communauté était prévue depuis longtemps. Mais elle a refusé à son tour de s'établir sur l'aire réservée à ce type de rassemblement, jugeant le terrain impraticable après avoir inspecté les lieux. Le maire de Saint-Martin-sur-le-Pré, Jacques Jesson, a donc dû accueillir le groupe sur la zone industrielle située le long de la nationale 44, à la demande de la communauté d'agglomération. Il a également autorisé ces familles à utiliser une borne incendie pour avoir de l'eau. Aujourd'hui, des conteneurs à ordures seront installés juste à côté. Le terrain appartient à la Semcha, la société d'économie mixte de Châlons.
« Ils restent une semaine », explique Jacques Jesson, « et il n'y pas d'habitation autour ». L'élu garde son calme mais semble désemparé par la vacance de l'aire officiellement mise à disposition par la communauté d'agglo. Le sujet est sensible. « Il faudrait que l'État prenne ses responsabilités », ajoute-t-il. L'État ou l'agglomération châlonnaise ? L'imbroglio ne date pas d'aujourd'hui. Ce qui complique avant tout le problème, c'est que l'aire située route de Marson a subi des remaniements à la suite des effondrements de cavités souterraines. L'herbe n'y serait pas encore suffisante. Et puis, aux yeux des évangélistes, il s'agit d'un terrain trop éloigné des zones commerciales.
Comme dans d'autres régions, la cohabitation est difficile. Les villes préfèrent les placer loin de leur cœur urbain, eux souhaitent au contraire s'installer près des agglomérations. Un exemple illustre cette méfiance : à Saint-Martin, la communauté est établie sur un pré, coincé entre la quatre voies (la N44), des locaux d'entreprises et une grande station de carburant, où sont notamment garés des poids lourds pour la nuit. Hier soir, les conducteurs de ces camions étaient déjà inquiets, scrutant sans cesse les caravanes stationnées à quelques centaines de mètres. Mais au même instant, la communauté évangéliste dînait sans se préoccuper d'eux.
Il n'en reste pas moins que le grand Châlons a investi et aménagé une aire qui reste, pour l'instant, vide.
Sébastien LAPORTE
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