Publié le jeudi 14 mai 2009 - Vu 50 fois
Le service archéologique dirigé par Laure Koupaliantz a jusqu'au 4 juin pour son diagnostic sur la Zac de Bezannes. Pour le moment rien de spectaculaire à signaler.
LE service archéologique de Reims métropole est désormais en ordre de marche. Et même en action. Son premier chantier a démarré cette semaine sur la zone d'activités de Bezannes, non loin de la gare TGV. Pour marquer le coup, une cérémonie officielle a eu lieu hier après-midi sur place.
Les participants ont été invités à se rendre compte de visu du travail déjà effectué. Pour l'heure, rien de vraiment spectaculaire à la vérité : une série de belles tranchées creusées au cordeau dans des champs, bordées par quelques monticules évoquant de grosses taupinières. Et c'est à peu près tout. Ah si ! On aurait aussi trouvé un peu de mobilier gallo-romain.
Mais ce ne sont probablement pas ces découvertes, aussi émouvantes soient-elles, qui intéressent le plus les responsables de l'agglo, même si à l'heure des discours, la présidente-maire Adeline Hazan a bien déclaré que « le patrimoine archéologique est une richesse ». « Mais », a-t-elle ajouté, « il ne faut pas que cette richesse devienne un handicap ! » Elle voulait signifier par là les délais supplémentaires - parfois à la limite du supportable - que l'intérêt porté aux vestiges laissés par nos lointains ancêtres impose désormais aux chantiers décidés par les hommes du XXIe siècle depuis une loi de 2001.
Jusqu'au 4 juin
Pourquoi ces délais ? Parce que les services archéologiques d'État (l'Inrap*) n'ont pas les moyens de faire face à toute la demande. « Avec cette zone de Bezannes, on a l'exemple d'un projet qui se trouvait en panne », explique ainsi Mme Hazan, « du fait du manque de moyens de l'Inrap : le diagnostic archéologique était prescrit depuis fin 2006 ! » Et si ce diagnostic vient enfin d'être lancé, plus de deux ans après, c'est donc uniquement parce que la communauté d'agglomération a créé ce fameux service d'archéologie « personnel », sinon, on pourrait attendre encore longtemps…
Bien sûr ce service a un coût pour l'agglo, de l'ordre de 500.000 € d'investissement et 1,9 million de fonctionnement selon Mme Hazan. Mais on pourrait tenir l'objectif d'un autofinancement partiel.
En tout état de cause, ce n'est pas l'élu concerné au premier chef, Jean-Pierre Belfie, qui regrettera cette dépense : le maire de Bezannes, présent à la cérémonie d'hier, commençait à s'impatienter de ne pas pouvoir donner de réponses précises sur le début des chantiers à « ses » investisseurs.
Désormais, il peut y voir plus clair en matière de calendrier. Ainsi les diagnostiqueurs ont jusqu'au 4 juin pour faire leur travail, après quoi ils libèrent le terrain. Ce qui ne veut pas dire pour autant que les pelleteuses et les terrassiers pourront immédiatement entrer dans la danse pour réaliser les constructions, car au diagnostic pourraient succéder des fouilles proprement dites.
Tout dépendra de ce que l'on aura trouvé dans le sol d'ici le 4 juin. Mais au moins, les choses ne sont plus figées : la Zac sort de l'ornière.
Antoine PARDESSUS
*Institut national de recherches archéologiques préventives.
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