Publié le vendredi 25 janvier 2008 - Vu 86 fois
Une fosse d'aisance du XVIe siècle, découverte cours Langlet. Christian Lantenois
Christian Lantenois
La richesse archéologique de la ville de Reims n'est plus à prouver. Depuis cet été, des fouilles archéologiques sont effectuées par l'Institut national de recherches archéologiques préventives sur le tracé du futur tramway, la place de la République, le cours Langlet et la place Myron-Herrick.
Les travaux d'infrastructures que doit effectuer l'entreprise Mars sont une occasion pour les chercheurs de révéler de nouveaux aspects du passé de la ville.
Où se trouvaient les fameuses arènes romaines ? Depuis quand ces lieux étaient-ils habités ? Peut-on dater précisément la porte de Mars ? Quelques éléments de réponse devraient surgir de terre dans les jours qui viennent.
Place de la République
À cet endroit, les fouilles ont révélé l'axe principal qui traversait la ville du nord au sud, à l'époque romaine.
Une découverte les intrigue beaucoup : la partie de rue dégagée laisse imaginer une bordure de portiques.
Pour les scientifiques, cet aménagement serait lié à la porte de Mars. Datée approximativement du troisième siècle, elle constitue le plus grand arc monumental de l'époque romaine conservé en France.
L'étude de ces traces d'infrastructures permettra de dater beaucoup plus précisément le monument et de le replacer dans son contexte.
Lundi 28 janvier, les parties les moins intéressantes du chantier commenceront à être rebouchées.
Cours Langlet
Les fouilles s'y présentent sous la forme d'un puits blindé de six mètres de profondeur et devraient se dérouler jusqu'au milieu du mois d'avril.
« Ici nous avons mis au jour une fosse d'aisance qui date du 16e siècle. C'est très intéressant pour nous », explique le responsable du chantier de fouille, Stéphane Sindonino. « Ces lieux servaient de poubelle, donc nous pensons trouver toutes sortes d'objets de la vie quotidienne. »
Mais ce qui intéresse encore plus M. Sindonino, c'est l'éventualité de découvrir les preuves de la présence du théâtre antique de Reims à cet endroit. « Nous avons des textes d'érudits datant du 19e siècle qui ont détecté les traces de ces arènes du côté impair de la rue, dans ce secteur. »
Autre indice qui questionne : sur les plans de la ville médiévale, les archéologues constatent que la rue s'est déportée et a adopté une trajectoire courbée à cet endroit.
Les chercheurs attendent donc des vestiges pour confirmer l'hypothèse de la présence du théâtre, dans ce périmètre.
Place Myron-Herrick
Devant le palais de justice, les fouilles ont révélé les vestiges de la porte Valoise. Cette porte médiévale fut détruite en 1776, car son étroitesse gênait la circulation.
Elle était située sur la voie Decumanus, la grande rue qui traversait Reims d'est en ouest, et qui suivait le tracé de la rue de Vesle au boulevard Jean Jaurès. Sur ce site, les efforts devraient se concentrer sur une pièce de maçonnerie de 2 m de large et 1,80 m de hauteur : un égout romain. « Il semble très bien conservé. Sa voûte est presque intacte. »
Les recherches, interrompues à cet endroit depuis hier, ne reprendront que le 4 février avant d'être achevées une quinzaine de jours plus tard.
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