Publié le samedi 02 juillet 2011 à 11H00 - Vu 307 fois
Un escalier en grosses dalles de grès, extrêmement bien conservé, a été découvert à proximité de la Rotonde.
Belles trouvailles des archéologues aux Vaucrises : les vestiges gallo-romains mis au jour révèlent un cœur de ville daté de 2000 ans.
ILS enchaînent les belles surprises, les archéologues castels. Après avoir découvert les vestiges d'un château seigneurial à Nogent-l'Artaud, 90 sépultures sous l'ex-école privée de la Madeleine et une ferme à la Moiserie, voilà qu'ils viennent de mettre au jour de superbes vestiges gallo-romains aux Vaucrises. « Nous avons découvert trois caves ateliers de 5 m sur 5 m, proches les unes des autres et alignées, c'est typique d'un aménagement urbain à la romaine », se réjouit Sébastien Ziegler, responsable de l'unité archéologique castelle. Dans l'une des caves, un superbe escalier en dalles de grès : « Il est extrêmement bien conservé, rendez-vous compte, les dernières personnes qui l'ont foulé, l'ont fait il y a 2000 ans ! »
Les caves ou ateliers laissent aussi apparaître la présence d'un ancien four. Des taches noires sur le sol décapé indiquent que nos ancêtres devaient y conserver de gros récipients garnis de grains, de sauce. Des restes de céramique et un très bel élément de harnachement en bronze, orné d'un dauphin, ont aussi été découverts. « Il faut imaginer des maisons au-dessus de ces caves, un habitat dense. Les techniques de construction et d'entretien du bâtiment sont inédites sur Château-Thierry. Elles renforcent l'idée que sur cette butte aux Vaucrises, il y avait une ville romaine, la première ville édifiée sur la cité castelle, bien avant la ville qui s'est construite autour du vieux château à l'époque médiévale. »
Pelle mécanique et huile de coude
Une sacrée découverte pour les archéologues qui n'ont que très peu d'occasion de venir travailler aux Vaucrises. Au fil de leurs fouilles, ils s'approchent un peu plus de la « vie des gens » et redessinent le contour de la ville antique : « On peut supposer qu'il y avait là un axe de circulation », ajoute le spécialiste en pointant du doigt un lopin de terre bien différent de la route actuelle empruntée par nos bolides.
Ces vestiges se situent à environ deux mètres sous terre. Pour les exhumer (le chantier a débuté en mars et s'est arrêté ces jours-ci), il a fallu ôter 1,30 m de remblai à l'aide d'une pelle mécanique. Ensuite, deux à trois archéologues ont pris le relais avec pelles, seaux et huile de coude !
« On ne s'attendait pas à faire ces découvertes exceptionnelles, on pensait qu'avec la construction de la Rotonde et des immeubles, dans les années soixante, soixante-dix, tout avait disparu ! » Que va-t-il advenir du chantier, une aire de jeux devant être aménagée à cet endroit ? « Nous allons essayer de mettre en valeur l'escalier, mais c'est très compliqué. Le recouvre-t-on d'une plaque de verre et installe-t-on des panneaux explicatifs à côté ? Il faut trouver une solution technique satisfaisante. »
Frédérique PETRE
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site








Réagissez