Floing : animaux abandonnés Leur but : « Aider et aimer les chevaux malheureux »

Publié le mercredi 10 février 2010 à 12H00

De nombreux chevaux accueillis par SOS équidés ont près de 30 ans.

De nombreux chevaux accueillis par SOS équidés ont près de 30 ans.

IL faut croire que pour beaucoup, la plus belle conquête de l'homme ne vaut pas plus qu'un vieux papier qu'on jette une fois qu'il a servi.
« Le 1er novembre 2002, notre colère fut à son comble, quand nous découvrîmes le cadavre de Lucky dans une pâture de Floing », écrit Charles Meurie, président de SOS équidés, dans le nouveau bulletin d'information de l'association.
Celle-ci vit le jour dans la foulée de cette macabre découverte.
Le regroupement de ces passionnés a fait du chemin depuis. Elle accueille aujourd'hui 30 chevaux et poneys (et une trentaine de chats). Six dadas ont rejoint la « famille » en 2009.
La plupart sont âgés (25 à 30 ans pour les chevaux, jusqu'à 40 ans pour un poney). Ils attestent de la précarité de leur vie.
« Ce sont pourtant des chevaux de valeur, explique Charles Meurie, qui fut président de l'Étrier ardennais pendant 10 ans, pour certains des pur-sang, qui ont travaillé toute leur vie. Mais une fois qu'ils ne sont plus en âge de courir, ils sont oubliés dans un champ. Pour d'autres, c'est l'abattoir. »
Selon son épouse Dominique Meurie, vice-présidente de l'association et maire de Floing, il y a d'autres raisons à l'abandon. « Certains chevaux sont placés dans des centres équestres par leurs propriétaires. Mais quand ces derniers cessent de payer leur pension, les centres s'en débarrassent. Direction la boucherie… »

« Comme un chat »
D'une manière générale, les époux Meurie regrettent « que dans la société actuelle, les gens se déresponsabilisent : ils achètent un cheval comme un chat, pour faire plaisir à leurs enfants, puis l'abandonnent quand ils se rendent compte des soins que ça représente. »
Ces soins, les 42 membres de SOS équidés les apportent. Grâce à l'argent des donateurs (4.500 euros en 2009, sur un budget de 20.000), grâce à la subvention du ministère de l'Agriculture (1.500 euros) « obtenue grâce au député Warsmann », précise Charles Meurie, grâce aux cotisations (30 euros) et aux diverses actions menées toute l'année, les 30 locataires goûtent une retraite méritée.
Une douzaine de box (six autres sont en construction) et un hangar, situés sur deux pâtures à Floing, leur servent d'abris.
Pour continuer à « aider et aimer les chevaux malheureux », le président de SOS équidés en appelle désormais à tous. Il espère atteindre le cap des 50 adhérents en 2010 et que de nouveaux donateurs se sentent concernés.
Les soins apportés aux chevaux ont en effet un coût. En 2009, cela représente 5.300 euros de nourriture, 3.500 de vétérinaires et 2.300 de maréchal-ferrant, 2.500 de location de pâture et 2.400 de travaux…
Les époux Meurie mènent parallèlement un autre projet : ils aimeraient obtenir un agrément pour se transformer en Ferme pédagogique. L'objectif : « Recevoir des personnes handicapées, pour leur faire profiter de la chaleur des chevaux ».
Cette même chaleur que SOS équidés a su leur prodiguer.
Guillaume LÉVY

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