Epernay-Plivot / La jeune pilote s'en sort indemne Elle s'éjecte de son avion avant le crash

Epernay-Plivot / La jeune pilote s'en sort indemne Elle s'éjecte de son avion avant le crash

Publié le lundi 16 février 2009 à 01H00 - Vu 224 fois

À l'aéro-club d'Epernay-Plivot, l'incident survenu samedi en fin de journée occupe tous les esprits. Marine Collet, une jeune pilote sparnacienne de 19 ans, a bien failli perdre la vie alors qu'elle effectuait des figures de voltige. Elle a réussi à s'éjecter de l'appareil et à sauter en parachute avant que l'avion heurte le sol et soit complètement détruit. La jeune fille, indemne, est retournée à l'aérodrome hier matin, pour revoler. Les autres pilotes sont encore sous le choc.
« On vaquait chacun à nos occupations, on lui fait confiance, elle est jeune mais chevronnée », explique M. Brémont, vice-président de l'aéro-club. La jeune pilote volait depuis août 2008 et voltigeait depuis un an environ. Elle avait 137 heures de vol d'expérience.
« Tout à coup, on a vu l'avion piquer du nez, on se demandait si elle allait pouvoir en sortir, si seulement, elle allait à y penser », raconte Louis Malot.
Malgré son âge, la jeune femme fait preuve d'une réactivité exceptionnelle. En trois secondes, elle prend la décision de s'éjecter. Avant de s'extirper de l'appareil, elle ouvre le cockpit, détache les deux sangles qui la maintiennent sur le siège, se lève et saute, quelques secondes avant le choc.
« Laissez-moi vous dire que c'est une fille qui a des c… si je peux me permettre. Ce qu'elle a fait, beaucoup d'entre nous ne l'auraient pas fait » explique Louis Malot, pilote et instructeur depuis 25 ans. « On en a vu des plus âgés, des plus expérimentés, rester dans l'avion et mourir », raconte un autre pilote.
Pendant un instant, ils ont été plusieurs à craindre qu'elle n'ait pas été seule à bord, car il lui arrivait d'embarquer un passager. S'ils avaient été deux à bord, on ne sait pas ce qu'il serait advenu d'eux… (voir notre encadré).
Le pire a été évité, les dégâts ne sont que matériels.
L'avion, un CR 100 tricycle de 180 chevaux, le seul utilisé pour la voltige, a été pulvérisé. Les seules parties reconnaissables sont la queue et les trains d'atterrissage. Le reste a été éparpillé sur plus de 100 m2. Le moteur, enfoncé à 3 mètres dans le sol d'une des pistes, a été retiré hier à l'aide d'une grue.
« On ne sait pas comment, ni pourquoi ça arrive, mais il y a toujours un risque, c'est comme pour tout », explique Delphine Frichet, elle aussi pilote. « On a un très bon mécano, toutes les précautions sont prises pour qu'on vole en sécurité, mais les accidents peuvent arriver. Comme en voiture ou en moto ». Dans ses premières explications, la jeune fille semble exclure toute erreur de sa part, l'appareil n'aurait plus répondu aux commandes (voir ci-dessous).
Hier matin, Marine Collet a repris les commandes et a effectué des manœuvres avec un instructeur. « C'est ce qu'il faut faire, si on ne revole pas tout de suite, on ne revole jamais », dit-on chez les pilotes. C'est une fille qui en veut selon l'avis de tous. Elle veut devenir pilote et serait déjà engagée dans l'armée de l'air.
R.H.

L'union l'Ardennais