Publié le mercredi 20 mai 2009 à 01H00 - Vu 38 fois
Le poète a finalement été enterré à Charleville-Mézières.
Angel Garcia
Le sentiment qu'Arthur Rimbaud éprouvait pour ses Ardennes natales se révèle dans différentes lettres. « Ma ville natale est supérieurement idiote entre les petites villes de province. Sur cela, voyez-vous, je n'ai plus d'illusions. Parce qu'elle est à côté de Mézières, une ville qu'on ne trouve pas » écrivait-il en 1870, à l'âge de seize ans, à Georges Izambard, son professeur de rhétorique.
Une année plus tard, une autre missive au poète Paul Demeny confirmait son état d'esprit par ces termes : « Enfermé sans cesse dans cette inqualifiable contrée ardennaise ».
Un courrier de 1873 à Ernest Delahaye, son ami de lycée à Charleville-Mézières, évoque cette fois la commune de Roche dans laquelle sa famille possédait une grosse ferme : « Quelle chierie, quels monstres d'innocince (sic), ces paysans. Il faut le soir faire deux lieues et plus pour boire un peu. La mother m'a mis là dans un triste trou. Je ne sais comment en sortir : j'en sortirai pourtant. Je regrette cet atroce Charleston… » dit-il en parlant de Charleville-Mézières pour la première fois presque de manière élogieuse.
Conséquence de ses relations névrotiques avec sa mère, cet auteur fut d'ailleurs toute sa vie partagé entre répulsion et fascination pour son pays d'origine : « Il a haï les Ardennes mais, en même temps, il n'a jamais pu s'en passer » confirme Yanny Hureaux qui a écrit en ce sens le livre « Un Ardennais nommé Rimbaud ». Amputé d'une jambe, il est même revenu passer son dernier été à Roche en 1891.
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