Publié le mercredi 24 juin 2009 à 01H00 - Vu 38 fois
Inauguration officielle de L'envol des papillons dans le hall du nouvel hôpital.
Nous vous avions présenté ces infirmières au grand cœur il y a quelques semaines. Lunettes de protection, gants de soudeur, disqueuse, ponceuse et chalumeau en main, ces dames avaient choisi de donner de leur temps pour faire jaillir d'une montagne de ferraille de récupération une œuvre d'art qui s'appellerait « L'envol des papillons ».
Cette magie de la transformation de la ferraille rouillée en métal poli ne pouvait s'opérer que dans l'atelier d'Eric Sléziak à Bogny-sur-Meuse. Quelques mois auparavant, le créateur de Woinic avait répondu oui lorsque Christine Sailly, référente paramédicale des prélèvements multi-organes au centre hospitalier de Manchester, lui avait suggéré l'idée que cet hommage aux donneurs d'organes puisse voir le jour dans son atelier.
La loi préconise en effet que chaque centre préleveur aménage un « lieu de mémoire » par reconnaissance pour les donneurs et leurs familles. En fait de « lieu de mémoire », le directeur Wilfrid Strauss a donné son accord pour cette « sculpture » de 4 m de hauteur et de 300 kg, rassemblant dans une ébouriffante spirale d'acier une quarantaine de papillons, soit installée dans le hall du nouvel hôpital. S'il y a une prime à l'originalité entre tous les centres préleveurs de France, il y a fort à parier que Manchester figurera en tête du classement. Sous le haut plafond de verre, ce tourbillon de papillons est une œuvre totalement magistrale et singulière.
Des témoignages réconfortants
Lors de l'inauguration (coïncidant avec la Journée nationale du don d'organes) à laquelle participaient le Dr Reitel-Chenel, représentant l'Agence de biomédecine nord-est, le 1er adjoint carolo Philippe Pailla, les conseillers généraux Leclet et Faille, et François Guillaume, représentant le conseil d'administration de l'hôpital, Wilfrid Strauss a salué l'élan collectif et solidaire.
Finalement, des collègues masculins avaient rejoint les infirmières dans l'atelier d'Eric Sléziak : plusieurs services de l'hôpital y avaient consacré en tout 300 heures. Le directeur a remercié aussi les ferrailleurs de la Vallée qui ont fait don de toute la matière première, principalement des chutes d'estampage provenant de « boutiques » ardennaises.
Pour Christine Sailly, on ne pouvait trouver meilleur symbole pour évoquer le don de la vie que cette alliance de « la légèreté du papillon avec la solidité du fer ».
Elle a lu la lettre d'une famille carolo qui a perdu un fils il y a quatre ans : « Nous ne regretterons jamais le choix du don de ses organes. […] Les témoignages des receveurs nous réconfortent. Une telle cérémonie atténue notre souffrance quotidienne ».
En 2008, cinq personnes ont été recensées en état de mort encéphalique au CH Manchester : trois ont été prélevées. Depuis deux ans, l'hôpital n'a enregistré aucun refus de la part des familles.
P.F.
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