Publié le mardi 14 février 2012 à 11H26 - Vu 125 fois
Faissault, village de 200 habitants, a gagné en sérénité et en habitants depuis la construction de l'A34.
L'achèvement de l'A34, en 2003, entre Charleville-Mézières et Reims, a été une révolution pour de nombreuses communes des Ardennes présentes le long de la nationale 51. Bien sûr, elle a tout d'abord facilité la circulation des véhicules et notamment des poids lourds qui auparavant traversaient les villages.
Denise, buraliste à Tagnon, s'en félicite. « Avant, on avait un trafic important avec quinze mille voitures par jour. Même la nuit, c'était insupportable. Maintenant, nous avons retrouvé un village paisible où les enfants peuvent sortir et jouer en toute sécurité. » Et du côté de la clientèle, « rien n'a changé puisqu'elle est locale et provient surtout de Neuflize ou Le Châtelet ».
Désormais en traversant certains villages, il est même difficile de s'imaginer que plus de quinze mille voitures y passaient tous les jours. Aujourd'hui, le calme n'est souvent rompu que par les cloches de l'église. Le temps du grand trafic est bel est bien révolu et donc, pour certains commerçants, l'activité est moins florissante. Comme en témoigne Ricardo, le patron de la friterie à Saulces-Monclin, « La 2 x 2 voies a été un véritable bouleversement. Tout a changé ! A commencer par la clientèle, qui n'est plus la même. Avant, j'avais tous les jours des routiers qui s'arrêtaient prendre une frite. Maintenant, c'est de la clientèle locale et les habitués de Reims et alentours. J'ai une salle de 50 personnes que j'arrive encore à remplir les dimanches, alors qu'auparavant c'était tous les jours. Il faut avouer qu'on se sert la ceinture, contrairement à l'époque de la nationale 51. »
A Poix-Terron, Philippe, gérant d'un restaurant, avoue aussi avoir renouvelé sa clientèle, mais voit des points positifs à la 2 x 2 voies. « Maintenant, ce sont les habitués et les formateurs et élèves du CFA ouvert en 2009 qui ont remplacé les routiers. Aussi, avec la gare qui vient d'ouvrir, on ne peut pas dire que le village est mort. »
Un peu plus loin, à Faissault, on se félicite de la présence de l'autoroute. « Délaissé ? Non, pas vraiment. Il y a encore énormément de passage grâce aux différentes usines de la zone d'activité. D'ailleurs, le pont vient d'être refait pour faciliter le passage des poids lourds », explique Christophe, un habitant du village. Pour le maire, Lionel Vuibert, l'A34 offre un gain de tranquillité inestimable, « d'autant qu'on est idéalement placé près d'un échangeur qui permet de se rendre rapidement à Charleville ou à Reims ». Cette proximité pourrait d'ailleurs expliquer la trentaine de nouveaux habitants venus s'installer dans la commune. « Et puis Woinic est arrivé et a eu un effet facilitateur pour l'implantation d'une station-service ». Et d'insister : « Le jackpot pour nous, c'est l'échangeur ». Seule préoccupation du maire : « Veiller à ne pas devenir un village dortoir. » Pour l'instant, quelques commerces et une zone d'activité, qui accueille des artisans et un entrepreneur de travaux publics, se chargent de maintenir de l'activité au quotidien dans ce village de 200 personnes.
Loïc Queffelec et Carl Hocquart
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