Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site Ou, cliquez ici pour l'ajouter au menu démarrer

Éducation : six questions qui fâchent (5/6) Faut-il bannir les redoublements ?

Publié le samedi 26 juin 2010 à 11H00 - Vu 30 fois



L'ÉCOLE est conçue pour des bons élèves par d'anciens bons élèves. Ce pourrait être un mot d'auteur. Ce n'est que la description d'un système qui relègue la difficulté scolaire à la marge et traite sa prise en charge comme telle. C'est-à-dire en dehors de la classe et parfois même du temps scolaire.
Or, à l'instar des footballeurs, les élèves français, à en croire les évaluations internationales, sont très loin d'être champions du monde. Les incontournables enquêtes Pisa qui comparent les performances scolaires des pays de l'OCDE le démontrent à l'envi. « À la sortie du CM2, quatre élèves sur dix révèlent des graves lacunes et au terme de la scolarité obligatoire, près de 20 % ne maîtrisent pas les compétences de base en lecture », note un récent rapport de la Cour des comptes.
Longtemps, la France a donc pensé que le redoublement était la panacée pour lutter contre l'échec. À l'école comme au collège ou au lycée, faire « repiquer » un élève semblait présenter les vertus du marteau qui enfonce le clou.
S'il n'a pas compris une année, il comprendrait bien la suivante. Notre système éducatif s'est longtemps entêté. En 1960, un élève sur deux était en retard à la fin de l'école primaire. Ce taux est aujourd'hui redescendu à 19 %.
« Facteur aggravant »
C'est que peu à peu, le ministère de l'Éducation nationale a fini par écouter les études qui démontrent, statistiques à l'appui, l'inefficacité et la cherté des redoublements. Mais le recours au repiquage reste toujours une spécialité française.
En 2003, par exemple, 40 % des élèves âgés de 15 ans étaient encore en retard dans leur scolarité. Si ce pourcentage a diminué depuis, il reste largement supérieur à ce qui se pratique dans les pays nordiques, au Japon ou au Royaume Uni où les redoublements sont parfois interdits mais qui obtiennent pourtant de meilleurs résultats que nous aux évaluations Pisa.
Malgré tout, la France s'obstine à verser dans le tonneau des Danaïdes un budget considérable qui, pédagogiquement, ne sert pas à grand-chose, sinon à maintenir les effectifs enseignants. Or, les redoublants, eux, n'y trouvent pas leur compte. « Non seulement, le redoublement ne permet pas de résoudre les difficultés scolaires des plus faibles mais il les aggrave. Il est également révélateur d'une inégalité sociale marquée. Ainsi, en 2008, les enfants de personnes sans activité sont plus souvent en retard à l'école primaire (34 %) que les enfants de cadres (4,4 %) », note la Cour des comptes.
Pour en finir avec les redoublements sans effets, le rapport préconise donc de mettre la gomme sur les dispositifs de soutien et d'accompagnement. Certes, ils existent déjà et même se bousculent : programme de réussite éducative, Rased, aide personnalisée, dispositif relais, remise à niveau… Mais outre qu'ils sont parfois facultatifs, ces outils de remédiation sont souvent considérés par le ministère comme des variables d'ajustement des effectifs enseignants. Ils s'inscrivent surtout dans une logique qui considère la difficulté scolaire comme une exception. Or de toute évidence, l'exception a tendance à devenir la règle.

Imprimer Recommander Wikio digg

Il n'est plus possible de contribuer à cet article.

Droits de reproduction et de diffusion réservés © www.lunion.presse.fr - ISSN 2110-5952