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Des pièges amoureux pour anéantir les mineuses des marronniers

Publié le jeudi 09 août 2007 à 01H00 - Vu 9 fois


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TRiste été pour les mineuses des marronniers. Afin de piéger les larves de ces ppapillons qui creusent des galeries dans les feuilles d'arbres, le service des espaces verts de Reims pose des pièges biologiques. Attirés par des phéromones femelles, les mineuses mâles se noient dans un entonnoir.

TRiste été pour les mineuses des marronniers. Afin de piéger les larves de ces ppapillons qui creusent des galeries dans les feuilles d'arbres, le service des espaces verts de Reims pose des pièges biologiques. Attirés par des phéromones femelles, les mineuses mâles se noient dans un entonnoir.

ALAIN MOYAT


PAS de lambada langoureuse autour des arbres cette année pour les mineuses du marronnier. Afin de lutter de façon biologique contre ce nouveau prédateur des marronniers, le service des espaces verts de la ville a posé des pièges. Efficaces.
6.000 marronniers en ville
« Depuis trois ou quatre ans, affaiblis sans doute par la canicule, les marronniers sont attaqués par un petit papillon de quelques millimètres, la mineuse du marronnier, dont les larves, en sapeur, se régalent du limbe des feuilles » explique Stéphane Delavallade, chef du service de gestion du patrimoine vert de la ville. « Bilan, de petites taches brunes apparaissent d'abord sur les feuilles qui se nécrosent, sèchent, jaunissent et tombent en juin, juillet et août. Cela affaiblit considérablement l'arbre qui ne peut plus alors constituer ses réserves d'amidon pour résister à l'hiver et qui aura de plus petits bourgeons au printemps suivant. » Si tous les marronniers de Reims ne sont heureusement pas touchés, la grosse attaque de 2006 a amené le service des espaces verts à prendre le taureau par les cornes. « Nous avons 6.000 marronniers principalement plantés en alignement à Reims. C'est trente pour cent des arbres plantés en ville. Pas question de les perdre. L'automne dernier nous avons déjà lancé une campagne de ramassage et de brûlage systématique des feuilles de marronnier. Ca n'a pas suffit. Cette année, depuis le mois de mai, en plus du traitement au Dimilin comme au parc de Champagne, nous avons décidé d'utiliser une nouvelle technique biologique, plus respectueuse de l'environnement que la plupart des insecticides : les pièges à phéromone. »
Privés d'accouplement
On peut les voir fixées à 2,50 m de haut sur des marronniers de la butte Saint-Nicaise. Dans des petites bouteilles vertes et jaunes de la forme d'un entonnoir ont été placées dans de l'eau savonneuse des capsules de phéromone « cameraria ohridella », diffusant l'odeur chimique des mineuses de marronniers femelles. Par l'odeur alléchée, les mineuses mâles (on ne dit pas les mineurs !) pénètrent dans les bouteilles. Piégés, ils volent jusqu'à épuisement avant de se noyer au fond du récipient. Les mâles anéantis, les femelles ne peuvent donc plus s'accoupler.
Plus de femelles fécondées qui déposent ensuite leurs œufs microscopiques sur la surface supérieure des feuilles. Donc plus de larves gloutonnes.
L'expérience conduite sur une quarantaine de marronniers a coûté 1.200 euros. « Nous n'avons pu la développer pour des raisons budgétaires et nous avons donc dû aussi utiliser d'autres produits plus classiques, mais heureusement pas trop agressifs pour l'environnement » constate M.Delavallade. « L'expérience s'avère déjà concluante car sur les arbres traités avec des pièges les feuilles n'ont pas roussi. Elles ne sont pas tombées. On va continuer la lutte. » Mais que les femelles mineuses de marronnier ne se réjouissent pas trop vite. Des pièges existent aussi pour elles. Sous la forme de bande de glu autour des arbres. La femelle qui vole mal monte sur le tronc de l'arbre pour faire sa coquette et pondre. Elle reste scotchée sur la glu.
Alain Moyat
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Un insecte venu des Balkans

La mineuse du marronnier, insecte de l'ordre des lépidoptères a été découvert en 1985 dans la région des Balkans. En moins de vingt ans, elle a colonisé toute l'Europe grâce à sa capacité de reproduction élevée (3 à 4 générations par an selon les conditions climatiques.)
La première génération éclôt à partir de la mi-avril avant ou au début de la floraison du marronnier. Les mâles éclosent quelques jours avant les femelles dès que les températures sont supérieures à 12 degrés durant deux jours. A la suite de l'éclosion, les petits papillons de 6 à 8 mm de couleur ocre métallique se placent sur le tronc. Après une semaine, les femelles fécondées déposent leurs œufs sur les feuilles. Les œufs éclosent après dix jours. Les larves s'enfoncent alors à l'intérieur des feuilles pour s'y développer jusqu'à la chrysalide.
La deuxième génération apparaît en juillet. C'est celle qui fait le plus de dégât. La dernière génération apparaît en septembre, octobre. Les chrysalides issues de cette génération passent l'hiver dans les feuilles tombées sur le sol, d'où la nécessité de bien les brûler.
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Des acariens dans les tilleuls

Une autre forme de lutte biologique est aussi à l'essai sur les tilleuls de certains sites rémois dont les espèces sont régulièrement envahies par des milliers d'acariens qui consomment la sève des feuilles et les rendent brunes prématurément. « C'est le cas place du Forum sur dix-sept tilleuls à grandes feuilles et rue Libergier sur quatre arbres. Cela donne une image négative de la ville » regrette M.Delavallade. « Pour lutter contre ces maux nous avons procédé au lâcher d'acariens prédateurs de l'acarien parasite, une autre forme de lutte biologique. »

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