Publié le mardi 23 novembre 2010 à 11H41 - Vu 320 fois
Depuis trente ans, le secteur du champagne a subi de nombreuses transformations. Outre le cadre réglementaire de l'interprofession avec son prix du raisin libéré, le paysage champenois a évolué. Passant des familles aux grands opérateurs mondiaux à l'instar de Bernard Arnault et de Patrick Ricard. Comme une valse à trois temps, les maisons passent de l'un à l'autre puis reviennent à un troisième. Ce panel de maisons vendues n'est pas exhaustif, mais démontre, s'il le fallait encore, que la Champagne reste une « grande famille » où les hommes et les maisons se côtoient, puis se séparent pour se retrouver par ailleurs. Toutefois, les transformations sont continues. Elles sont le plus souvent accompagnées de rationalisation et de modernisation qui permettent d'accompagner l'économie champenoise qui tourne autour de 3,7 milliards d'euros en 2009. Dont 1,383 milliard d'euros pour LVMH. Le champagne fait rêver et la marge est belle quand la rentabilité est au rendez-vous.
Ayala
En 1999, le groupe Frey achète le champagne Ayala à Aÿ (dans la corbeille se trouve également le Château La Lagune). L’opération s’était traduit par la cession de 34 % du capital, en échange Ayala entre à 34 % dans la Financière Frey. En 2005, il revend la marque, le stock et les locaux à Bollinger pour acquérir 45 % du capital de Billecart-Salmon à Mareuil-sur-Aÿ. Il garde les 23 hectares de vignes et le très beau château Ayala situé à Mareuil-sur-Aÿ.
Canard-Duchêne
Canard-Duchêne fait partie des premières maisons historiques du groupe de Bernard Arnault (LVMH). En 2003 souhaitant se recentrer sur des marques phares de son groupe, LVMH décide de céder la marque à Alain Thiénot. Ce dernier étend ainsi son territoire en Champagne. À l’époque, le montant de la transaction n’a pas été dévoilé, mais selon les calculs réalisés pour la vente de Pommery qui avait eu lieu quelques mois auparavant, il pourrait être de 75 millions à 90 millions d’euros.
Deutz
C’est en juillet 1997, que Jean-Claude Rouzaud, directeur général de Louis Roederer, décide d’entrer à hauteur de 60 % de capital dans le champagne Deutz Grands Vins, une holding des champagnes Deutz.
La maison appartenait à la famille Lallier. Elle est située à Aÿ. La maison Louis Roederer a souscrit à hauteur de 93 millions de francs sur une augmentation de capital de 116 millions de francs. C’est Fabrice Rosset qui est président de la maison depuis 1993.
De Venoge
En 1996, Rémy Cointreau a pris le contrôle des champagnes de Venoge, implantés à Epernay, qui étaient détenus par la Compagnie de navigation mixte (Paribas). En 1998, la marque est revendue avec ses 17 hectares et ses contrats d’appros (100 hectares) à LVMH dont la branche champagne est dirigée par Jean-Marie Laborde (aujourd’hui directeur général de… Remy-Cointreau). Qui dix jours plus tard cède la marque à BCC (sans les 17 hectares et les contrats). Elle est dirigée aujourd’hui par Gilles de la Bassetière.
Germain
A la suite de sa prise de parts dans le rachat de Mumm-Perrier-Jouët, le groupe Frey revend le champagne Germain qu’il avait acheté à Henri Germain, l’emblématique président du Stade de football de Reims en 1985 avec ses 23 hectares de vignes. Dans cette vente, se trouvaient aussi la marque Binet et le château de Rilly-la-Montagne.
Au mois de juillet 1999, les deux marques sont revendues à Vranken-Monopole.
Heidsieck Monopole
A la fin du mois d’octobre 1996, Seagram (groupe canadien) vend la marque Heidsieck Monopole au groupe Vranken. La marque, le fonds de commerce, les stocks et 132 hectares de vignoble en deuxième cru font partie de la transaction. Heidsieck Monopole a vendu 1,2 million de bouteilles en 1995 et son stock est estimé à 3 millions de bouteilles. Pour l’anecdote en 1996, le prix de marché de l’hectare est un peu supérieur à 1 million de francs.
Joseph Perrier
En 1994, le groupe Veuve Laurent-Perrier et Cie, détenu par la famille de Nonancourt, est entré dans la maison de champagne Joseph Perrier par le biais d’une augmentation de capital réservée. Avec 50 ou 51 % des parts, le groupe prend le contrôle de la maison familiale que Jean-Claude Fourmon continuera de diriger. Il s’agit de la dernière maison située à Châlons-en-Champagne. C’est en 1998 qu’Alain Thiénot rachète l’entreprise au groupe Laurent-Perrier.
Krug
En 1999, là encore cherchant à faire table rase de ses petites marques, Rémy-Cointreau revend le champagne Krug pour 1 milliard de francs au groupe LVMH. Outre la marque, le groupe de luxe achète les stocks et le vignoble de 19 hectares.
Seule entorse à ce changement de propriétaire : au sein du groupe LVMH, c’est la famille Krug qui continuera à gérer la société.
Lanson
En 1990, Lanson et Pommery, appartenant à BSN sont vendus au géant du luxe français LVMH. Coût de l’opération : 3,1 milliards de francs. Quatre mois plus tard, la maison est revendue à Marne et Champagne pour 1,3 milliard en 1991. Sans les 200 hectares de vignes.
En 2006 après une bataille acharnée, elle sera de nouveau revendue au groupe BCC présidé par Bruno Paillard (désormais Lanson-BCC) faisant grimper le groupe de la sixième à la deuxième place derrière LVMH.
Malakoff
En 1981, Marcel Oudinot cède sa maison à la famille Trouillard (propriétaire de Château Malakoff), autre grande famille champenoise. Le rachat par la famille Trouillard, propriétaire d’un important vignoble, lui permettra d’augmenter et diversifier ses approvisionnements en raisin et de poursuivre son développement. En 2004, cette maison rejoint Laurent-Perrier à la recherche d’approvisionnements. De fait, Château Malakoff s’appuie sur 50 hectares de vignes en propre et 300 ha en contrats.
Montaudon
C’est en décembre 2008 que la famille Montaudon décide de vendre sa marque au groupe de luxe MHCS (Moët Hennessy Champagne Services). Qui s’offre ainsi le siège rue Ponsardin à Reims, le site industriel, le pressoir de Bagneux (Aube) ainsi que des contrats d’approvisionnements historiques sur 160 hectares.
Depuis un mois, la marque serait en vente. Des négociations ont lieu entre MHCS et le groupe Alliance qui est composé des coopératives la Covama, la Cogévi et l’Union Auboise.
Mumm-Perrier-Jouët
En 1955, Mumm-Perrier-Jouët sont intégrés au patrimoine du Canadien Seagram. C’est en 1999, que les deux maisons (près de 300 hectares) sont rachetées par Hicks Muse (86 %) et Jean-Jacques Frey (14 %) pour 310 millions de dollars. Les actifs continueront à être gérés pour Mumm par Jean-Marie Barillère, alors directeur général. Pour 588 millions d’euros, Allied Domecq rachète l’affaire en janvier 2001. Qui sera rachetée par OPA lancée par le groupe Pernod-Ricard en 2005 pour 10,7 milliards d’euros.
Pommery
On reprend les mêmes, on recommence. Achetée par LVMH à BSN, Pommery est vendu en 2002 à Paul-François Vranken, PDG de Vranken Monopole. La vente est estimée entre 150 et 180 millions d’euros. LVMH garde les 470 hectares de vignes. Vranken Monopole devient ainsi le 2e groupe de champagne. Avec Pommery, ce seront quelque 7,6 millions de bouteilles vendues à l’export, les autres marques principales du groupe étant Demoiselle, Vranken, Heidsieck and Co et Charles Lafitte.
Taittinger
En 2005, la famille Taittinger, le groupe Albert Frère et la Société foncière, Financière et de Participations cèdent leurs parts du groupe Taittinger, soit plus de 65 %, au fonds américain Starwood Capital. Pour 2,1 milliards d’euros. En juin 2006, celui-ci revend les champagnes Taittinger au Crédit Agricole pour 660 millions d’euros. En 2007, une augmentation de capital de 145 millions d’euros permet à Pierre-Emmanuel Taittinger (et ses frères et sœurs) de reprendre le contrôle de la maison familiale.
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Les dernières contributions
CHUCK SPARK
Paris
24/11/2010 à 18h05
Pas chez REMY-COINTREAU, mais descendant direct du fondateur (1785) Florens-Louis Heidsieck, mon grand-père était J.C.H. (qui vendit par milliers de caisses du "Charles" durant la prohibition via St Pierre et Miquelon, et les Bahamas) et fils d’Eric Heidsieck, (je viens d'achever moi-même de composer une œuvre magistrale) : CHAMPAGNE CONCERTO avec l’accréditation du CIVC. Je peux simplement dire que les assemblages sans « malo » c’est pas top pour PIPER. D'autre part l'image alla JPG (Jean-Paul Gautier), soit ici "le monde de la nuit" ouverte à une clientèle "bling-bling"n'est pas du goût de tous ! Et les prix trop élevés. Quoi qu'il en soit, à l’heure de vendre, et ici je parle de CHARLES, rappelons combien la société a été achetée ! (sources vérifiables) : Convertis à nos euros actuels, en novembre 1985, CHARLES (cédé par Joseph Henriot au groupe Rémy Martin - et ici PIPER n'avait pas encore rejoint le giron Rémy Cointreau) l'a été, hors frais acquisition, pour : 268 360 214 francs répartis en 464 854 actions, soit 577,30 francs par action. Si l'on tient compte de la réévaluation du franc d'hier qui n'est pas constant avec celui qu'il serait aujourd'hui (Vous me suivez...!) On peut dire que Charles Heidsieck a été vendu alors à une somme (à la louche de caviar) avoisinant les 50 millions d'euros ! En tout cas, vendre par voie de presse sans acquéreur devant soi, n'est pas judicieux. Pierre Cardin, lui qui s'est cornaqué "A Vendre" a toujours Maxim's et sa firme sur les bras à 88 ans ! Charles-Efflam Heidsieck
galite
J'ai annoncé le 15 octobre dans un post censuré aussitot publié que je cessais toute publication dans la mesure où mes commentaires étaient modifiés
23/11/2010 à 22h38
Belle liste de miséreux, pour lesquels on comprend avec compassion , les aides de première nécessité (bouclier , paquet fiscal , réduction de l'ISF..) consentis par le petit frère des pauvres de l'Elysée ...