Publié le vendredi 21 septembre 2012 à 11H00 - Vu 131 fois
SAINTE-MENEHOULD (Marne). Cette semaine, les élus de l'arrondissement étaient invités à dire aux sénateurs de la Marne ce qu'ils pensaient de la future réforme des collectivités locales. L'occasion de dire ce qu'ils avaient sur le cœur…
« IL y a 20 ou 30 ans, quand il y avait un problème dans une commune, on allait en référer au maire. Aujourd'hui, c'est de sa faute ! ». Bien qu'il soit le premier magistrat d'une petite commune paisible, Jean Notat n'en constate pas moins un changement de mentalités inquiétant.
Des micros villages aux bourgs centres de l'Argonne, le statut de maire est de moins en moins envié. Si certains rempilent, mandat après mandat, ce n'est pas forcément pour faire durer le plaisir mais parce que personne ne veut les remplacer !
Plus terre à terre que révolutionnaires
Cette semaine, à l'occasion des Etats généraux de la démocratie territoriale lancés par le président du Sénat, les élus de l'arrondissement étaient invités à s'exprimer. Derrière le sujet imposé - la future réforme des collectivités locales - ils ont laissé apparaître l'expression de leur mal-être.
Loin de réclamer des solutions expéditives concernant le cumul des mandats, la parité ou encore le mode de scrutin, les édiles argonnais se sont montrés pragmatiques. « Il faut poser la question autrement, indiquait Michel Schellaert, le président de l'interco de Givry-en-Argonne à propos du cumul des mandats. Combien un élu peut-il assumer de mandats ? Je pense qu'un maire ou un président de communauté de communes peut assumer un mandat national car alors, il sait de quoi il parle. »
Même modération concernant le nettoyage du fameux millefeuille administratif français. S'ils sont plutôt intéressés par l'idée d'une clarification des compétences des uns et des autres, ils ne réclament pas la suppression pure et simple des strates, qu'elles soient départementales ou régionales.
En revanche, ce qui les intéresse vraiment c'est la mise en place d'un guichet unique permettant de déposer une fois pour toutes les demandes de subventions.
Étonnamment, on a entendu moins de colère que de résignation concernant leurs relations avec les services de l'Etat. « C'est quoi déjà, ironisait Pierre Labat, le maire de Massiges. J'ai oublié depuis qu'ils sont partis de chez nous ! » La lente agonie de la sous-préfecture ménéhildienne ne les fait même plus bondir. Son remplacement par un Relais de service public fait partie des projets qui n'avancent guère, faute d'entente entre élus locaux…
Place aux autres !
Désabusés, lassés d'avoir le sentiment qu'on leur retire chaque fois un peu plus de compétences pour leur imposer de nouvelles responsabilités, les élus présents - à peine le tiers de ceux de l'arrondissement - semblaient plus proches de la sortie que d'une nouvelle campagne électorale. « J'ai 65 ans, ça fait 33 ans que je suis maire : le prochain coup, je ne me présente plus ! » affirmait le premier magistrat de Sivry-Ante. Idem pour son voisin de Somme-Yèvre, Jackie Robin. Quant à Gabriel Duhal, qui en est à son 7e mandat de maire de Hans et il avait déjà prévu d'arrêter aux dernières municipales… En 2008, 42 % des mandats de maire dans la Marne ont été attribués à de nouveaux élus. Un renouvellement important et encourageant… si ce n'est qu'il s'est prolongé par une trentaine de démissions. Du jamais vu dans le département. Pour les trois sénateurs marnais, il s'agira de faire remonter la parole des petits élus locaux afin qu'ils prennent toute leur place dans le grand débat national dont la conclusion sera orchestrée à Paris les 4 et 5 octobre.
Stéphanie VERGER
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