Publié le mardi 28 septembre 2010 à 14H20 - Vu 68 fois
La visite d'une délégation de la Ddass et du conseil général s'est soldée par un échec le 22 décembre dernier. L'inspectrice a dû s'appuyer sur une ordonnance du TGI de Soissons.
« Je ne réponds pas. J'ai assez discuté avec des amateurs ». C'était en 2007, le 8 décembre, Francis Nautré posait dans l'union aux côtés de sa fille et d'une employée. La Ddass venait d'enjoindre les responsables de l'établissement de mettre fin aux situations de maltraitance signalées par quelques familles. La presse, une vieille habitude pour celui qui se présente comme patron de l'hôtel-repos les Tourterelles alors qu'il en est que le co-gérant. Car le boss, sur le papier, c'est Evelyne, sa femme.
Du rose au noir
Françis, Evelyne et les autorités de tutelle, la Ddass en premier lieu et le conseil général ensuite, c'est un roman d'amour qui vire au noir depuis que la notion de la maltraitance s'est affinée après la découverte du sort fait, partout en France, à certains de nos aïeux.. Le manque de soin, le manque d'attention, la privation par abstention, c'est maltraitant.
La Direction des affaires sanitaires et sociales dont c'est une partie du métier, s'assure donc périodiquement qu'ici et là, dans le privé comme dans le public, les pensionnaires âgés sont convenablement pris en charge (*). Les Nautré -rappelons qu'Evelyne a été aide-soignante à l'hôpital Robert Debré, à Reims- ont l'habitude de ces interventions. Le 22 décembre dernier, même topo. Corinne Paris, inspectrice principale de la Dddass, Aurélie Desages, la chef du service des personnages âgées, Florence Colart, médecin de santé publique à la Ddass et Didier Misson, adjoint au chef de service personnes âgées au conseil général se présentent donc devant la grille de l'établissement. L'adjudant-chef Daussy, de la brigade de gendarmerie de Braine est là pour les accompagner. Simple précaution.
Ce 22 décembre, Francis Nautré ne s'est pas levé du bon pied. Il joint une « personnalité » par téléphone, laquelle demande au représentant du conseil général, de « ne pas prendre de risques ».
Une ordonnance sans médecin
On croit rêver… Pendant que les époux Nautré papotent un peu fort avec leurs hôtes refoulés, dans les étages de l'établissement, on s'active. Corinne Paris en fait de même et réitère sa demande d'inspection. Il faudra attendre 40 minutes de tergiversations variées agrémentées de délicates insultes dont on trouvera en notes quelques exemples (**) pour que la délégation soit autorisée à fouler le sol de la petite unité de vie.
Satisfaisant ? Pas vraiment selon l'analyse de l'inspectrice Paris talonnée par un co-gérant prévenant (« vous marquez tout ce que je dis ») jusqu'à la menace d'expulsion (« sinon dehors »).
Les propos ne sont pas tombés dans l'oreille d'une sourde et le 30 décembre dernier, le président du tribunal de grande instance de Soissons recevait de la Ddass une demande d'ordonnance en bonne et due forme. Quinze jours plus tard, re belote, la délégation et une demi-douzaine de gendarmes investissaient les lieux.
*La prévention de la maltraitance est inscrite au programme régional et interdépartemental d'inspection, contrôle et évaluation de Picardie (PRIICE) ** « Voleuse », « c'est du nazisme », « racailles », « ripoux », « les fonctionnaires sont des fainéants », « Sarkozy nous emmerde », « si vous entrez je vais chercher le fusil »
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