Publié le samedi 01 novembre 2008
Montaigne est passé à Vitry le 10 septembre 1580.
La Vitryate jugée mercredi soir n'était pas la première à Vitry-le-François à vouloir se marier avec celle qu'elle aimait. Montaigne évoque dans son Journal de voyage déjà deux cas similaires survenus dans la cité rose. Au cours de son périple en France, ce philosophe s'est en effet arrêté le 10 septembre 1580 à Vitry-le-François. C'est le docteur Viniaker, conseiller municipal, qui le révèle dans le tome 36 des mémoires de la Société des sciences et arts de Vitry-le-François publié en 1984. De cette étape, Montaigne a rapporté deux anecdotes. Henri Viniaker le raconte fort bien. Lors de son passage dans la cité rose, Montaigne a d'abord entendu parler de cette jeune fille, Mary, qui habitait Chaumont et qui s'était résolue à s'habiller, à travailler et à vivre comme un homme. Le transsexuel gagnait sa vie comme tisserand et se rendit à Vitry pour y trouver l'amour, sereinement. Il s'y maria avec une femme. Mais « l'époux » a vite été reconnu et fut condamné à être… pendu ! Le transsexuel préféra cette issue fatale que se remettre en état de fille. Montaigne entendit aussi beaucoup parlé de Marie qui jusqu'à 22 ans était considérée comme une femme. La Vitryate était néanmoins surnommée Marie la barbue car elle portait un peu de poils au menton. Un jour, en effectuant un gros effort en sautant, des organes génitaux masculins lui poussèrent. Elle fut alors considérée comme un homme et rebaptisée Germain par un cardinal de Châlons. Montaigne remarqua que cette histoire avait beaucoup marqué les esprits : les jeunes filles conseillaient de ne plus accomplir de grandes enjambées de peur qu'elles ne subissent le même sort. Une anecdote qu'a reprise Montaigne dans ses Essais pour expliquer le pouvoir de l'imagination sur l'être humain et sa perception de la réalité.









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