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De Gaulle acclamé dans les métropoles anglaises

Publié le dimanche 12 février 2012 à 12H00 - Vu 38 fois


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La carte de progression des bâtiments ennemis.

La carte de progression des bâtiments ennemis.


SOUTIEN. Alors que les Allemands préparent la sortie en force de leurs croiseurs bloqués à Brest, le Général se rend dans les usines du Royaume-Uni où il est acclamé.

Si le général de Gaulle effectue autour du 10 février 1942 un voyage dans les pôles industriels de Leeds et Birmingham avant de visiter le port et la ville de Liverpool afin de mieux connaître le centre et le nord de l'Angleterre, cela ne l'empêche pas de se tenir au courant des événements et en particulier des initiatives en cascade prises par la Kriegsmarine. A Leeds, le chef des Français libres participe à la grande semaine de la marine dont le but est de collecter de l'argent destiné à la construction d'un porte-avions plus puissant encore que l'« Ark Royal » détruit par les nazis. Les organisateurs ont fixé à 5.250.000 livres la somme à récolter mais, à la veille de la visite du Général qui doit assister à des cérémonies organisées en son honneur et celui des Alliés, la somme est dépassée. On se tait pour que de nouvelles souscriptions utiles à la construction de nouveaux navires de la guerre aient lieu.
Les acclamations de Leeds
Leeds est pavoisée aux couleurs alliées et les journaux n'ont pas hésité à tirer une édition spéciale pour vanter l'engagement du chef des Français libres et saluer le courage des soldats des FFL qui servent sur terre, sur mer et dans les airs. On reconnait alors que la métropole du Yorkshire fait au général de Gaulle un accueil qui témoigne : « toute l'amitié affectueuse et confiante qu'elle porte à la France ». Le Général est l'hôte de la sœur du roi qui est mariée à ord Harewood. Il est acclamé lorsqu'il se rend à l'hôtel de ville et les honneurs militaires lui sont rendus avant qu'il ne prenne la parole : « Je suis profondément ému de me trouver ici aux côtés des Alliés, dans cette grande et laborieuse ville de Leeds. Vous me montrez une forte et vigoureuse ville anglaise, et vous me donnez la preuve que le peuple anglais est un peuple solide et résolu. Sachez que nous sommes d'accord avec vous dans la plus grande guerre de l'Histoire. Peuple de Leeds, je vous affirme que tout le peuple français est avec vous de tout son cœur ».
C'est aussi le Général qui proclame les résultats de la souscription qui remporte un succès magistral : 7.500.000 livres sont collectés soit 2.250.000 livres de mieux que prévu ! Suit un banquet à l'issue duquel de Gaulle reprend la parole : « Le sentiment du peuple français dans son immense majorité est plus près que jamais de la vieille Angleterre et je suis certain que mes camarades alliés diraient la même chose. Je parle pour les Français libres et pour tous les Français qui ne sont pas libres d'exprimer leur propre opinion ». L'après-midi, une importante revue des troupes est organisée avec en tête des soldats, des marins et des aviateurs de la France libre.
La chaleur de Birmingham
Le lendemain, le général de Gaulle arrive à Birmingham. Il y reçoit aussi de la municipalité et de la population un accueil particulièrement chaleureux. Il prend le temps de visiter trois usines dont la production est centrée sur les besoins des armés et est acclamé par les ouvriers devant les chaînes de fabrication. Le maire de la cité lui adresse ce discours : « C'est un grand privilège d'accueillir le général de Gaulle, qui incarne le véritable esprit de la France. Les FFL ont combattu magnifiquement en Erythrée et en Abyssinie. Elles combattent actuellement en Libye et sur d'autres fronts. La ville de Birmingham attend la victoire décisive qui assurera à la France dans le concert européen la place à laquelle son histoire et sa culture lui donnent droit. Vive la France libre ! ». Le Général répond par un long propos dont on retient sa proximité avec les gens qui souf- frent : « Lorsque j'ai vu ce matin la carte de l'attaque aérienne allemande contre Birmingham, j'ai compris qu'il est impossible de séparer nos deux grands peuples, maintenant ou dans l'avenir ». De Gaulle insiste aussi sur la proximité de ses hommes avec les unités britanniques qui se battent. Il assiste à la réception organisée par la colonie française et les amis des volontaires français de Birmingham et de sa région. Il leur confie : « Nous travaillons et travaillerons pour la bonne France qui continuera à vivre avec vous dans la liberté et la sécurité ». Le dimanche, il est à Liverpool où il assiste à la messe à la cathédrale puis il se rend au centre des Alliés.
L'après-midi, il visite la maison de France, un foyer qui a été ouvert par des ouvriers français qui travaillent dans des usines de guerre. Tenu informé des événements les plus marquants, de Gaulle apprend qu'Hitler vient de nommer Albert Speer, 36 ans, au poste de ministre de l'Armement et de la Machine de guerre. •••
••• Il succède au jeune architecte Fritz Todt qui vient de mourir dans un accident d'avion au retour d'une visite au führer. C'est lui qui a mis au point une organisation destinée à ériger des fortifications maritimes et à construire des équipements défensifs pour empêcher un éventuel débarquement allié et réaliser des observatoires sur toutes les côtes des régions occupées. Speer sait que les défis qui l'attendent sont considérables. Il ne peut plus se concentrer sur la construction de bâtiments destinés à afficher la grandeur du Reich. Il doit donner les moyens à l'Allemagne d'augmenter sa production industrielle de 50 %. Son option pour assurer une fabrication continue de tout ce qui est nécessaire à la guerre est de contraindre les prisonniers à travailler dans les usines. Il sait que son plan du nouveau grand Berlin devra attendre.
Opération Cerbère
Le Général est aussi informé des nouvelles postures de la Marine de Raeder et Dönitz. Les Britanniques ont quelques soucis depuis que les U-Boote ennemis ont adopté un nouveau code secret, le Triton, qui les relie au QG de l'amiral Dönitz à Paris. Cette modification n'est pas liée à d'éventuels soupçons sur la capacité des alliés à traduire leurs messages, elle résulte de la décision de l'amiral de tout contrôler et de suivre les mouvements des U-Boote de dernière génération. Ce n'est pas une bonne nouvelle pour les Anglais qui ne connaissent plus les positions précises des sous-marins ennemis du golfe de Gascogne jusqu'aux côtés norvégiennes. Le 12 février, le Général apprend que les Britanniques n'ont pas réussi à empêcher la sortie en force de trois puissants navires ennemis les croiseurs de bataille « Scharnhorst » et « Gneisenau » ainsi que le « Prinz Eugen ». Ces navires étaient au mouillage à Brest et, malgré cent dix raids aériens, ils sont intacts. Leur fuite est ordonnée par Hitler. Le vice-amiral Ciliax est chargé de la préparer. Il monte alors l'opération « Cerbère ». Les Anglais sont informés des préparatifs par le lieutenant de vaisseau Philippon qui appartient à la Confrérie Notre-Dame. Les Britanniques montent alors le plan Füller. C'est à 22h45 que les bâtiments font mouvement alors que le sous-marin « Sea Lion » a indiqué à l'amirauté qu'il ne se passerait rien avant au mieux le lendemain. C'est en fin de matinée qu'un Spitfire de la RAF repère le convoi qui est déjà engagé dans le pas de Calais ! Les canons de Douvres ne peuvent pas les atteindre et les torpilleurs ne parviennent pas à s'en approcher en raison de la puissance de feu de l'escorte. S'en suit une chasse terrible et meurtrière pour l'aviation. La RAF perd alors 42 appareils mais les mines larguées au nord de la Hollande parviennent à toucher les croiseurs. Le « Scharnhorst » subit une lourde avarie alors qu'il s'apprête à entrer dans les eaux allemandes. L'honneur des Anglais est sauf !

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