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Dans leur langage de tous les jours, pas question d'échanger en français Jack et Dan : si Américains !

Publié le dimanche 10 mai 2009 à 01H00 - Vu 4 fois


Jackie et Dan : leur Amérique à eux passe par la pratique de la langue.

Jackie et Dan : leur Amérique à eux passe par la pratique de la langue.


Hello man, how are you ? » Le pote en question va bien merci. Il s'appelle Daniel Colin, 61 ans, mais dites Dan, it's better. Et c'est dans la même langue que Dan répond à Jackie Malot, 65 ans, mais dites Jack, c'est mieux également. La réponse est en anglais, enfin plus exactement en américain, même si l'ossature de l'idiome est évidemment british à 80 %.
Car les deux amis ont au moins deux traits communs : l'amour de la langue de Benjamin Franklin et du pays à la bannière étoilé.
De fait, depuis quinze ans entre Dan et Jackie, le deal est clair : pas question, lorsqu'ils sont tous les deux, de parler en français une seule seconde : « J'en ai besoin pour continuer à progresser et Jack est un maître » s'incline Dan. Le maestro a vécu vingt ans outre-atlantique, et son bateau était amarré en Floride.
« Pas de la frime »
Mais son amour pour la langue remonte à loin. Même au temps de ses premières amours, une Française pourtant : « J'ai découvert que pour communiquer, l'anglais c'était mieux. Quand j'avais 14 ans à Frignicourt, j'ai écrit « I love you » à la craie sur tout le travers de la route pour qu'elle le lise de sa fenêtre » Même au temps de ses premières mécaniques, l'Amérique était présente et la place de la République s'en souvient : « J'ai eu une Oldsmobile. elle faisait 7,40 mètres de long ».
Aujourd'hui, pour ses affaires depuis son ordinateur, c'est évidemment l'anglais, la langue commerciale qui permet à Jack de rester dans le coup. Pour Dan, qui n'oublie pas tous ces soldats US tombés lors des deux guerres - son oncle américain a été un libérateur - la nécessité de l'anglais lui est apparue alors qu'il parcourait l'Europe dans les années soixante-dix, routard avec un sac à dos.
Il prône cette devise : l'Anglais pour la tête, le sport pour les muscles. Pour s'ouvrir aux autres et communiquer, à la méthode Assimil ont succédé les cours au Greta, lesquels ont laissé place à un approfondissement avec les Mormons qui, faubourg Saint-Antoine, assuraient gratuitement des leçons.
Peu à peu, il a acquis un niveau intéressant : « surtout quand Jack est rentré des USA à Châlons ». De cette conversation au quotidien, il dit avoir progressé à vitesse grand V.
Aujourd'hui, les terrasses de café, les rues, les magasins de la ville résonnent de leur accent américain : « Parfois, on sait qu'on agace un peu, et quand il y a un tiers avec nous, on reparle français pour ne pas qu'il se sente isolé, mais ce n'est pas de la frime. C'est vraiment pour nous entretenir et progresser chaque jour davantage », martèlent Dan et Jack. Jack à qui il arrive, en guise d'exercice de faire travailler l'anglais son copain à partir de contrats commerciaux.
Dur dur quand on sait que, même en français dans le texte, ces choses-là sont techniques et bien ardues !
So américan, Dan a toujours un lucky duck, dans le fond dans sa poche.
Un lucky duck, what is it ? : « C'est une pièce d'un dollar. Ça porte-bonheur ». Why not…
Fabrice MINUEL

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