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Dans la lignée de « Rimbaudmania » Roche, terre rimbaldienne

Publié le samedi 25 septembre 2010 à 11H00 - Vu 114 fois


Le lavoir qui aurait inspiré le poète carolo.

Le lavoir qui aurait inspiré le poète carolo.


«ICI, je fais souvent l'agent de renseignements et, en été, beaucoup de gens s'arrêtent pour aller sur les traces de notre Arthur.Quand les groupes arrivent, ça tombe sur moi. Mais je ne m'engage pas trop sur un sujet que je n'ai guère potassé. J'aurais peur de dire des bêtises. Alors, je les envoie systématiquement vers Mme Aubry, l'épouse du maire, plus érudite que moi ».
Claude Mény habite une maison qui donne sur la D983 à l'embranchement de la route menant à Rilly-sur-Aisne et à la rue Rimbaud. Contre son gré, il est un peu la sentinelle de Roche, ce hameau de Chuffily-Roche où Vitalie Cuif, la « mother » d'Arthur, a grandi et durement travaillé dans la ferme familiale où le fils prodige aimait se ressourcer.
« On fait presque office de syndicat d'initiative » confirme Jeannine, l'épouse de Claude qui a donc l'habitude de guider les personnes venant dans le canton d'Attigny arpenter les endroits où « Rimbe » écrivit notamment son chef-d'œuvre : « Une saison en enfer ».
L'incontournable Maryse Aubry
Là, ils découvrent le lavoir, le pan de mur qui est le seul vestige de la ferme de ses parents rasée par les Allemands et l'entrée préservée du verger de Vitalie. Les plus sportifs empruntent le circuit de 7 kilomètres pour retrouver les endroits ayant sûrement inspiré Rimbaud. Sur ces lieux où l'homme aux semelles de vent a « espéré, désespéré et souffert ».
Au cœur de ce hameau d'une vingtaine d'habitants, nous faisons la connaissance de l'incontournable Maryse Aubry. Une « pièce rapportée » de Lorraine qui nous raconte aussitôt sa passion pour Arthur.
« Mon premier instituteur à Boulange m'a fait lire Le dormeur du val. Je ne voulais pas que le soldat meure. Et la conclusion m'a tellement fait mal que Rimbaud m'a bouleversé. Ensuite, j'ai appris Les étrennes des orphelins. Tout aussi renversant… ».
Par la suite, Maryse lira la biographie du poète maudit avant de l'oublier un peu au moment où elle vécut à Paris.
Mais le sort voulut qu'en 1964, son mari, cadre à la Semiac, soit muté à… Vouziers dans le cadre d'une opération de délocalisation. L'occasion pour notre Rimbaldienne de louer cette maison de Roche, dont elle est ensuite devenue propriétaire, alors que son époux Bernard devenait, pour sa part, maire de… Chuffilly-Roche.
« A l'époque, nous avions succédé, ici, à un chef d'atelier de la Semiac. Cette demeure avait été acquise par la comtesse Simone de Carfort qui envisageait d'en faire un musée entièrement consacré à Rimbaud. Elle se disait la mère spirituelle du poète et avait écrit beaucoup d'articles sur lui ».
Surnommée « le pavillon Rimbaud » par les habitants du coin, cette bâtisse sert aujourd'hui de lieu de rendez-vous à ceux qui prennent la précaution de réserver auprès de Mme Aubry, fondatrice, en 1989, de l'association « Roche Rimbaud » qui ne compte que... deux Rochois.
Une Lorraine
« En quelques années, j'ai rencontré des milliers de visiteurs. Des écrivains spécialistes de Rimbaud, des hommes de théâtre, des artistes et des universitaires. J'aime parler de Rimbaud et, comme mes interlocuteurs sont aussi passionnés, il y a un échange extraordinaire. Mais, aujourd'hui, je réserve ces visites à des gens qui s'intéressent de près au poète, car le flux est régulier et je ne suis que bénévole. Finies les opérations portes ouvertes ! ».
D'autant que l'endroit a parfois connu l'afflux de « Rimbaldomaniaques ». « Ce fut notamment le cas, en 1991, pour le centenaire de la mort de Rimbaud et, en 2004, pour le 150e anniversaire de sa naissance. Ça venait alors de partout ».
On retiendra donc que c'est une Lorraine qui perpétue, ici, la mémoire de l'auteur des Illuminations.
« Il faut bien reconnaître qu'ici les gens se foutent de Rimbaud. Là, la culture avec un grand C, c'est celle du maïs et de la betterave », dit, sans détour, le maire de la commune.
Chez les époux Aubry, en tout cas, on trouve une véritable caverne d'Ali-Baba de tout ce qui touche au poète : 220 livres, des portraits, des bustes, des casettes…. Et un livre d'or qui témoigne de l'intérêt suscité par les non autochtones.

Pascal REMY

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