Publié le mercredi 08 février 2012 à 12H00 - Vu 41 fois
Des travaux ont été engagés pour la rénovation des toitures de la charmante petite église Saint-Martin, l'une des soixante-dix églises fortifiées de Thiérache, coiffée d'un curieux clocheton d'inspiration flamande.
Cette partie de l'édifice, après des travaux de charpente, malgré les intempéries de novembre et de décembre, a bénéficié des soins, « à la hauteur », de maîtres de l'art, habitués à la restauration de monuments historiques, la SARL Ravaux père et fils, de Rozoy-sur-Serre, avec des maîtres artisans dans le domaine des toitures.
Il datait de 1905
Le clocher était paré d'un coq usé par les outrages du temps. Il datait de 1905, « année de la séparation des Églises et de l'État, qui a suscité nombre de débats ».
Justement, son remplaçant, orné des couleurs tricolores, a reçu la bénédiction de l'abbé Roger Grançon, curé de la paroisse Notre-Dame de l'Espérance, au parcours de vie remarquable : « J'ai été secrétaire de mairie durant quarante et une années, puis prêtre depuis vingt-trois ans pour veiller sur les paroissiens répartis sur un territoire de trente-quatre communes. »
Cela, en présence d'autorités de la sphère civile, Jean-François Carlier, maire de ce village de 39 âmes, entouré des élus locaux, Nicolas Fricoteaux, conseiller général, Antoine Lefèvre, sénateur-maire de Laon et son adjointe, Aude Bono-Vandorme, pour venir témoigner que l'État a fourni une part non négligeable au financement de ces travaux, dans la plus petite commune du canton de Rozoy-sur-Serre, aux finances forcément réduites.
Outre l'État, le Département et la Région ont apporté leur contribution, rejoints, en juin 2011, par la Sauvegarde de l'art français, le premier mécène, sur le plan national, pour la restauration des églises et des chapelles. Sans oublier une aide substantielle par le biais de la réserve sénatoriale, « un autre don du ciel » qu'Antoine Lefèvre a choisi d'apporter, en toute sérénité, dans la mesure où « il privilégie, en terme de partenariat lorsqu'il se trouve sollicité, les petites communes rurales aux moyens limités ».
Le maire a précisé : « Nous avons reçu, après trois ans de démarche et plusieurs mois de travaux, un volume d'aides à hauteur de 38 000 € pour un coût global de 47 000 €, avec une capacité, dans nos finances communales, qui permettra de prolonger les travaux. Au nom de tous mes concitoyens, je vous remercie. Vous nous avez d'un très grand secours. » Et de conclure : « J'espère que votre outil de travail, ainsi restauré, vous plaira, M. l'abbé ! »
Le nouveau coq a été la vedette de cette cérémonie. Il a été hissé sur son nouveau perchoir par Thomas Ravaux, en compagnie de son père, Jean-Marie, par une température de moins 10 °C, sous un ciel lumineux. L'instant a pu être saisi par nombre d'appareils photo et de caméscopes.
Fierté ou emblème
Après son prédécesseur de 1905, il exprime toutes les valeurs que l'on veut bien lui accorder, selon ses convictions : la fierté de la France, l'emblème du Christ, de la lumière et de la résurrection, qui annonce, par son chant, l'arrivée du jour après la nuit.
Placé sur le clocher, il rappelle aux hommes leurs faiblesses… mais surtout, l'unité de toute une communauté villageoise, avec une girouette qui aide chacun à trouver son cap, dans un monde où l'on est constamment à la recherche de repères, pas seulement dans le domaine météorologique.
« Aujourd'hui, je bénis ce coq. Bénir, c'est demandé le bien », a commenté l'abbé Roger Grançon, au cours d'un petit office chanté. Les autres orateurs ont souligné des choses à retenir de cette inauguration : la préservation du patrimoine, vecteur de développement touristique, mais surtout, une transmission d'un bien commun aux futures générations.
Avec une mention pour les enfants présents : « Assister à la bénédiction d'un nouveau coq dans son village, c'est un événement que l'on ne partage, peut-être, qu'une seule fois, dans sa vie. »
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site








Réagissez