Cordées de la réussite / Amener les bons élèves vers les bonnes formations

Cordées de la réussite / Amener les bons élèves vers les bonnes formations

Publié le mercredi 10 octobre 2012 à 10H17 - Vu 137 fois

LAON (Aisne). On connaissait la métaphore de l'échelle et celle de l'ascenseur social. Dans le même registre, l'Education Nationale a inventé la « Cordée de la réussite ». Elle vise à tirer vers le haut les jeunes à fort potentiel, en construisant des ponts entre le secondaire et le supérieur. Exemple à Méchain.

BAC S, Bac STL, Bac STI2D, à Laon, le lycée Méchain forme avant tout des scientifiques. Des filières d'avenir car « la France va en manquer », pour le proviseur adjoint, Martial Gartner, à condition de « poursuivre par des études longues ».

Parcours écrit d'avance

Sauf que certains éléments doués ne choisiront pas spontanément une orientation à leur mesure. Les Cordées de la réussite, dispositif auquel le lycée participe depuis quatre ans, sont là pour rectifier le tir. « Les familles qui ont peu de ressources financières envisagent souvent des études courtes. Parfois des élèves qui ont le potentiel de devenir ingénieur sont tentés d'effectuer seulement un BTS. Il faut leur montrer que c'est possible même si culturellement, ça n'était pas prévu. »
Les jeunes susceptibles de participer aux cordées sont repérés par l'équipe éducative. Ils peuvent être boursiers ou venir de zones faisant l'objet de politiques de la ville comme les Contrats urbains de cohésion sociale, mais « ce n'est pas automatique. »
Le lycée est est partenaire de quatre établissements du supérieur : l'université de technologie de Compiègne (UTC) et trois établissements amiénois, l'Université de Picardie Jules-Verne (UPJV), le lycée Thuillier, et une école d'ingénieurs en génie électrique (ESIEE).
L'échange commence la plupart du temps par une journée d'information générale dans le lycée. Elle est suivie d'une rencontre en plus petit comité, entre lycéens de la Cordée et étudiants de la tête de cordée, avant que les élèves n'aillent à la découverte de l'établissement. Dans le détail, le programme varie en fonction de chaque cordée (voir ci-contre), même si les tutorats font partie des actions fréquemment mises en place.

Devenir ingénieur

Cette sensibilisation vise à leur faire prendre conscience que des aides financières existent. A leur montrer, aussi, que les débouchés sont là. La classe prépa TSI (Technologies et Sciences Industrielle) du lycée Thuillier d'Amiens, par exemple, qui accueille les bacheliers technologiques, permet ensuite de présenter des concours d'ingénieurs parmi les plus prestigieux. « Des épreuves spécifiques et des places leurs sont réservées. Il y en a plus que de candidats », s'exclame Martial Gartner.
Dès mars, ces jeunes devront formuler leurs vœux pour l'année prochaine. Les Cordées auront peut-être contribué à donner de l'ambition d'entamer des études longues à quelques-uns d'entre eux. Le proviseur adjoint ne souhaite rien de plus. « A Laon, beaucoup d'élèves sont attirés par Reims ou Paris. Si un élève qui a bénéficié de la cordée de l'UPJV d'Amiens, va à l'université à Reims, on a quand même gagné. »

P.V.

L'union l'Ardennais