Publié le dimanche 26 décembre 2010 à 12H00 - Vu 152 fois
Sur la photo, les noms des participants qui pourront s'y retrouver, au moins ceux cités dans la liste : B.Rocha, R Guillaume, J.-P. Person, J.Jussy, J. Foulain, G. Chevalier, H. Hannetel, P. Pouyet, M. Aumignon, G. Igier, J. Dauchy, M. Roucroy, A. Duhal, J. Pardis, J. Humbert, J. Rualte, J.-C. Perrin, P. Fave, R. Gouth, G. Varlet, P. Muzika, M. Ikovic, J. Grandjean, R. Aubriet, M. Tessier.
QUI a connu le conseil de révision, cette tradition qui date du temps du service militaire obligatoire ? En 1960, Sainte-Ménehould, chef-lieu de canton hébergeait le célèbre conseil dans sa mairie. Pierre Pouyet s'en souvient. Partie prenante de cette opération, il raconte le déroulement de la séance et les réjouissances qui en découlaient, pour une journée qui annonçait la période de leur contribution à la vie de la nation. Le conseil, pour la classe concernée, se tenait au printemps, pour une incorporation qui allait suivre à l'automne.
Sans vêtement pendant longtemps
Il est bon de rappeler que les jeunes gens de la classe considérée, rejoints par les ajournés des séances précédentes, étaient tenus de se présenter, les absents sans excuses étant alors d'office considérés comme aptes au Service Armé.
Dans le déroulement de la journée, les conscrits se déshabillaient au premier dans le local des agents de ville, ne conservant sur eux qu'un slip. On peut retenir que longtemps, l'opération ne prévoyait aucun vêtement, tradition quelque peu humiliante heureusement abandonnée par la suite.
Ils étaient admis ensuite dans l'actuelle salle des mariages où siégeaient les membres de la commission. Un jury comprenant des représentants du préfet, un membre du conseil général, le maire (Alix Buache à cette session) accompagné d'un ou plusieurs conseillers, un officier supérieur, un sous-intendant militaire, le commandant du dépôt de recrutement, un médecin militaire.
La séance était, en principe publique. A tour de rôle, les jeunes gens, subissaient un premier examen par le médecin en blouse, stéthoscope autour du cou. L'examen était superficiel, complété par la prise de mesures, dont le passage à la toise et le poids, l'auscultation rapide. On notait les imperfections visibles. L'examen médical était complété par la prise en note du niveau d'instruction. Avec le premier dossier établi, en fin d'examen, le jury prononçait son verdict : on était « Bon pour le Service armé », ou « Service auxiliaire », ou « Réformé ».
Un verdict qui à l'époque faisait date pour la vie professionnelle du convoqué, le dernier étant heureusement exceptionnel.
Vendeurs de cocardes
À l'issue de l'épreuve, les conscrits quittaient la mairie pour subir l'assaut bien préparé des vendeurs de cocardes en place. Le modèle le plus courant était le nœud papillon tricolore prolongé par deux rubans et agrafé au revers de la veste. La broche en métal portait le « Bon pour le service armé », verdict triomphant de la journée. Ainsi classés et décorés, nos futurs soldats, rassemblés sur la place se plaçaient devant le monument aux morts pour la photo classique. Mme Ragon, correspondante de l'union, était l'opératrice du jour. Formés en monôme, ils entamaient alors un joyeux tour de ville en chantant pour informer la population de l'événement. Le tour se prolongeait par un investissement pacifique et rigolard du Quartier Valmy. Le préposé au portail, après avoir prévenu les officiers des deux établissements, soulevait la barrière. Le cortège, toujours en chansons, effectuait le tour de la Pharmacie et du Magasin, applaudi par les jeunes filles aux fenêtres des établissements et sous les yeux des militaires d'active officiers et sous-officiers, compréhensifs et tolérants.
Il ne restait plus à nos fêtards d'un jour qu'à gagner l'Hôtel de La Poste en bas de la colline où les attendait une omelette géante et de quoi se désaltérer. Cette journée reste mémorable pour tous les participants, même si l'envoi pour celle qu'on n'appelait pas encore la guerre d'Algérie était dans tous les esprits et assombrissait quelque peu leur avenir militaire.
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