Publié le samedi 08 novembre 2008 à 01H00 - Vu 75 fois
L'usine de traitement des eaux est située à Belle-Noue, à la sortie d'Epernay.
R¿mi Havyarimana
EN AVRIL 1998, Épernay a subi une pollution aux hydrocarbures qui a contaminé l'eau potable. En réaction à cet incident, la communauté de communes, alors appelée District urbain d'Épernay, crée le forage des Mortreux, sur le territoire de Chouilly, d'où sont extraits jusqu'à 18.000 m3 d'eau par jour. Pour traiter cette nouvelle source, l'usine de Belle Noue est construite en 1999 et mise en service en juin 2000. L'investissement total s'est élevé à 6,5 millions d'euros HT.
Cette enceinte est placée sous haute sécurité dans le cadre du plan vigipirate. Personne n'y travaille à temps plein. Un nombre très réduit de personnes peut accéder au site, évidemment sous télésurveillance. « Si une trappe, doublement cadenassée, est ouverte par une personne non autorisée, l'usine s'arrête et plus rien n'en sort donc pas de risque de contamination. La préfecture et la gendarmerie sont prévenues », explique Gérald Arnoult, chef d'agence adjoint de Veolia.
Construite après la pollution de 1998
Et pour cause, c'est d'ici que part l'eau qui coule dans les robinets d'environ 34.000 habitants de la communauté de communes. Ceux de Cumières, Chouilly, Oiry et Plivot, étant alimentés par le syndicat mixte des eaux de Bisseuil (SYMEB).
8.000 à 10.000 m3 transitent quotidiennement par le site de Belle-Noue. Les deux usines sont d'ailleurs connectées.
En mettant en place ce projet, la collectivité locale a dû prendre en compte le fait que la nappe sparnacienne a une grande disposition à être polluée. En effet, les 4.500 hectares de vignobles et les autres terrains agricoles sont abondamment traités avec des produits phytosanitaires et des pesticides.
Trois étapes permettent donc d'assurer la qualité de l'eau.
Filtrée par du charbon
« Quand l'eau arrive des forages, un premier brassage a lieu pour l'homogénéiser. Des mesures de pH sont faites, cela donne un premier indice de pollution. On peut procéder à une première injection de chlore », commente Michel Giraud, directeur de la champenoise de distribution et d'assainissement Veolia. « Pour le moment, on n'a jamais eu recours à cette pré-oxydation », précise Gérald Arnoult.
Le principal traitement est le filtrage sur charbon actif. « L'eau passe à travers une épaisseur de 2,5 mètres de charbon, sous forme de poudre noirâtre. Ce dernier absorbe les particules de pesticides et les éventuelles races d'hydrocarbures », clarifie Michel Giraud. Il débarrasse l'eau des composants organiques malvenus. Au fond du filtre, l'eau est récupérée par des « buses » en plastique, qui empêchent le charbon de passer. Ce charbon est vérifié régulièrement, il est changé environ tous les 18 mois, avant qu'il ne soit complètement saturé. Les filtres sont lavés toutes les semaines, en recevant de l'eau à contre-courant.
Une désinfection finale au chlore est réalisée. L'eau traitée est stockée dans une « bâche » enterrée sur le site, d'une capacité de 1.200 m3. Des pompes qui peuvent fournir un débit de 250 m3 par heure acheminent alors l'eau, « prête à être consommée » au réservoir des Pavement (3.000 m3), sur la colline de Bernon, point culminant de la ville. De là, elle est envoyée dans tous les foyers en passant par des réservoirs intermédiaires comme ceux des châteaux d'eau du Meltin à Epernay ou de la Marquetterie à Pierry. Tout ça ne coule pas de source et méritait bien des explications.
Rémi Havyarimana
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