Publié le jeudi 09 février 2012 à 12H00 - Vu 243 fois
À Bucy-le-Long, rue du Montcel, la cohabitation entre les riverains et les chasseurs n'est pas toujours facile. Les uns craignent les balles perdues, les autres assurent qu'il n'y a pas de risque.
PAN ! Pan ! Pan ! Odette Bigand en frémit encore. Samedi, dans la campagne bucyquoise, blanchie par un centimètre ou deux de neige, les chasseurs s'en sont donnés à cœur joie, non loin de chez elle. « Ça a commencé vers 9 h 30-10 heures. Et ça a ferraillé d'une façon absolument épouvantable, à une fréquence épouvantable, toute la matinée. C'était un rythme tel que j'en pouvais plus. J'avais vraiment peur d'une balle perdue », confie la retraitée.
Elle habite un pavillon à Bucy-le-Long, tout en haut d'une rue grimpante, comme le lierre qui conduit dans un bois. Il est 14 h 30. Ça pétarade encore, tout près. « On ne voit pas les chasseurs. C'est tout proche, mais impossible de dire à quelle distance ils sont », admet la dame que cette observation ne rassure pas pour autant.
« Ne tirez pas ! »
« D'habitude, ils ne viennent jamais le samedi, mais plutôt le dimanche ou le lundi et jamais l'après-midi », observe-t-elle. « Il y a des gamins qui descendent le chemin à moto ou en quad et des randonneurs avec leurs chiens. Ce chemin est très fréquenté », renchérit son conjoint Jean-Pierre Monnier, inquiet.
Les chasseurs, « nous n'avons rien contre eux. On a même des copains qui chassent », poursuit Odette. Pour autant, « notre histoire » avec les chasseurs de Bucy-le-Long « date de longtemps. Il y a quelques années, j'allais tous les jours me promener avec mes chiennes, sauf le dimanche parce que justement, il y avait la chasse ».
Visiblement encore marquée par une mésaventure, la Bucyquoise poursuit : « Souvent, il y a un panneau tout près de notre portail : attention tir à balles réelles. Cette fois-là, il n'y en avait pas. Donc je marche et j'entends des balles fuser. Je hurle : Ne tirez pas ! Je suis là ! Savez-vous ce qu'on m'a répondu ? » Elle marque un temps puis reprend : « On n'en a rien à foutre ! » Elle avait alors couru en hurlant jusqu'à chez elle prise d'« une peur panique ».
« De l'écho »
Arnaud Droux, le président de la société de chasse de Bucy-le-Long, veut la rassurer sur le risque de balle perdue : « C'est bien encadré. » Comme il s'agit à Bucy-le-Long d'une société de chasse communale et non d'une association agréée : « On peut tirer dos à la clôture. » Il n'y a pas de restriction de distance par rapport aux habitations. C'est pourquoi Mme Bigand a déjà vu des chausseurs longer sa propriété. Quant aux panneaux, ils ne sont installés qu'en cas de battues aux sangliers et chevreuils.
Mais alors la chasse à Bucy, c'est le samedi ou le dimanche ? « Le dimanche, il n'y a pas de restriction. En revanche il y a deux cas de figure le samedi. On fait le pied pour le sanglier à partir de 8 heures. Quelques actionnaires font le tour pour voir si des sangliers entrent. S'ils n'en voient pas, j'autorise la chasse aux pigeons et aux lapins à partir de 9 heures. S'il y a des sangliers, on fait une battue à partir de 13 heures, mais c'est assez rare. » Samedi, seuls les pigeons et les lapins étaient dans le collimateur.
Le territoire de chasse près de la rue du Montcel, « c'est là où le passage de pigeons est le meilleur sur le territoire. C'est pour cela que ça tire beaucoup. Comme c'est assez vallonné et que l'on tire en l'air. Il y a de l'écho et ça résonne ». La cohabitation devra pourtant se faire jusqu'au 29 février : « On a obtenu une prolongation pour le pigeon. »
Ludivine BLEUZÉ
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site








Réagissez