Championne de la chasse aux morilles

Championne de la chasse aux morilles

Publié le lundi 25 avril 2011 à 11H00 - Vu 696 fois

SOISSONS (Aisne) Alors que certains chassaient les œufs, ce week-end, d'autres furetaient  dans les bois à la recherche  de morilles. Maryse Lesueur est une experte en la matière.

ELLE roule des mécaniques, Maryse Lesueur, avec ses morilles. Lorsqu'elle sort des fourrés boisés de Longpont, les paniers chargés de champignons, elle fait saliver ceux dont elle croise le chemin. « Ils me demandent tous où je les ai trouvés. Je suis fière de les montrer, mais je ne veux pas donner l'endroit ! »
En fin de semaine, la maligne est allée ratisser son coin secret, sans doute histoire d'en laisser le moins possible aux promeneurs du dimanche.
Vendredi, elle a fait une sacrée trouvaille. « Au début, j'en ai vu une d'une taille normale, puis un autre et enfin sept comme ça ! » Dont trois énormes. Total de la cueillette : 2 kg du précieux champignon.
La chasse aux morilles au printemps est un sport familial chez les Lesueur. Huit enfants, tous en rang dans les bois, comme pour une battue. C'est ainsi qu'enfant, Maryse a connu les dimanches d'avril à Longpont, où elle a grandi. « Dans le village, il se disait : « Les Lesueur sont déjà passés, pas la peine d'y aller, y'a plus rien, sourit-elle, un rien nostalgique.
Les gens voyaient des kilogrammes de morilles sécher dans notre jardin. On voulait même nous en acheter. »
Les bons coins à morilles, elle les connaît par cœur : « Le coin où je vais, je l'ai hérité de mes parents. »
Au cours de ces années, elle a développé une technique bien à elle. Elle se munit d'un bâton pour soulever le lierre, où les morilles aiment pousser, et son œil entraîné ne la trahit jamais : « Il faut vraiment avoir l'habitude, ça se voit à peine. » Cela arrive-t-il de rentrer bredouille ? Sourire pétri de fierté : « Pas avec moi. »

À sécher

Chaque printemps, Maryse Lesueur s'adonne à cette passion peu banale. Cette année est un bon cru : « Les années à neige, il y en a beaucoup. En revanche, comme il n'a pas plu, c'est très sec. »
Les trophées du week-end se dorent la pilule au soleil sur son balcon, dans le quartier de Presles à Soissons ; en attendant d'être débités et piqués en chapelets dans une ficelle.
Elle les conserve ainsi, séchés, parfois plusieurs années, et les sortira le moment venu lorsqu'un fiston viendra ripailler à la maison, pour la Pentecôte, par exemple. Elle préparera alors les morilles avec un bon rôti de veau ou de porc, ou bien en omelette. Il suffira de les baigner dans l'eau et ils seront comme neufs.
Avant de nous quitter, Maryse Lesueur fait un terrible aveu : « Je n'aime pas spécialement ça, les morilles. C'est plus pour le plaisir de les chercher et de faire plaisir en les cuisinant pour d'autres. » Voilà des proches bien vernis.

L'union l'Ardennais