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Ces Rémoises en résistance : Andrée Paté Une vie de courage et de combats

Publié le vendredi 19 mars 2010 à 11H00 - Vu 72 fois


A 96 ans, Andrée Paté a conservé son esprit de militante.

A 96 ans, Andrée Paté a conservé son esprit de militante.


« Le goût de la révolte, je l'ai eu très tôt » : fille de militant syndicaliste, née en 1914, Andrée Paté avait 5 ans lorsque son père est tué, écrasé par un tronc d'arbre dans les bois où il effectuait du débardage. Sa maman vient s'installer à Reims avec ses deux filles pour y travailler dans un atelier de confection de casquettes. La jeune Andrée passe son certificat d'études. « Je l'ai obtenu un vendredi, le lundi je travaillais avec ma mère. » Dès l'âge de 16 ans, elle prend sa carte du Parti communiste, distribue des tracts.
Elle se marie et met au monde une petite fille en 37. Elle travaille dans un atelier de corsetier. Mobilisé en 39, son époux revient en 1940 : « Sous l'occupation, les cellules du PC se sont reconstituées, ils ont formé des « triangles », mon mari était l'un des responsables ». Elle porte, chez une voisine détentrice d'une machine à écrire, les textes de tracts. Son mari est arrêté en 1941.
Elle poursuit son action clandestine. Un jour, la propre fille de sa voisine, écrit aux Allemands pour dénoncer sa mère… qui parle sous la menace : 25 arrestations s'ensuivront, dont celle d'Andrée, qui est emmenée à la Gestapo, rue Jeanne d'Arc.
Deux ans de déportation
Elle est confrontée avec la mère et la fille : « Les SS m'ont tabassée. La gamine disait : Qu'est-ce qu'elle prend dans la g… ! Je l'aurais bien étranglée… ».
Elle sera emmenée à Ravensbrück. Quatre jours de voyage « avec une seule tinette au milieu du wagon ». Plus tard, elle sera transférée à Holleischen en Tchécoslovaquie dans un « Kommando » de travail en usine. Un 14 juillet, les prisonnières réussissent à arborer des cocardes tricolores et à chanter la Marseillaise.
Elles croisent un convoi de prisonniers de guerre : « Ils ont tous retiré leur calot pour nous saluer ». Sans jamais flancher, elle remontera constamment le moral de ses compagnes. Elle sera libérée en 1945. Après un voyage de retour éprouvant, elle retrouve sa fille et son mari, déporté lui aussi, de retour de Buchenwald. La vie reprendra petit à petit son cours. « Nous avons dû nous battre pour faire valoir nos droits ». Plus tard, elle décidera de témoigner en direction des écoliers et collégiens : « Quand je racontais, je voyais leurs petites tronches changer ». Fière d'être une « prolétaire », elle revendique son franc-parler. « J'ai des mots de gavroche ! » dit celle qui, à 96 ans, n'a rien perdu de son énergie et continue de râler contre le montant des retraites et le coût de la vie…

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