Publié le jeudi 28 juillet 2011 à 11H00 - Vu 54 fois
A Rozoy-sur-Serre, entre Laonnois et Thiérache, Franck Thième a trouvé son atelier idéal : une ancienne salle de spectacles. Ici, il ne se sent pas à l'étroit. Il peut réaliser ses répliques d'originaux sculptés en prenant son aise. Sa profession ? Mouleur statuaire.
Son travail consiste à prendre des empreintes sur des sculptures originales ou des modèles d'atelier. Ces empreintes ou moules fournissent des épreuves ou tirages en plâtre, en résine ou dans d'autres matériaux.
Le travail de Franck Thieme commence à être reconnu dans la région. L'artisan a notamment réalisé un chapiteau du cloître de la cathédrale que l'on peut voir dans la grande salle de l'office de tourisme de Laon. C'est lui aussi qui a reproduit une femme voilée en terre d'après un original de Carrier-Belleuse (originaire d'Anizy-le-Château), également visible au rez-de-chaussée de l'ancien Hôtel-Dieu.
« Quatre-vingts pour cent de mon travail consistent à préserver le patrimoine », précise Franck Thieme, qui apprécie cet aspect de sa profession.
Il est intervenu dans une quarantaine d'églises de la région. Il a notamment refait le plafond de l'édifice de Dolignon et le Christ de Resigny. Sa formation en arts plastiques et une solide expérience de dix années passées aux ateliers du Louvre, lui valent de nombreuses commandes des collectivités. Le mouleur a aussi collaboré aux décors d'Arthur et les Minimoys de Luc Besson. Il en garde de bons souvenirs. De même que son séjour à New York pour construire une décoration en stuc et pierres dans un appartement de la Cinquième avenue. Il n'hésite pas à bouger quand on lui offre un travail intéressant. Avec le Louvre, il a eu l'occasion d'aller en Chine, à Pekin. On lui avait demandé de reproduire à l'identique, en résine, la Venus de Milo et la Victoire de Samothrace pour alléger les statues et faciliter la manutention.
Marie-Christine LARDENOIS
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