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Arnaques téléphoniques : professionnels, méfiez-vous !

Publié le mercredi 02 janvier 2008 - Vu 252 fois


Les personnes piégées pensent simplement confirmer leurs coordonnées afin de figurer dans un annuaire professionnel.

Les personnes piégées pensent simplement confirmer leurs coordonnées afin de figurer dans un annuaire professionnel.

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Dix-neuf-mille-huit-cent euros, c'est la somme qu'une « société » dont le nom évoque étrangement celui de France Télécom vient de réclamer à une exploitante agricole ardennaise qui souhaite garder l'anonymat vu le harcèlement dont elle est victime.
Pour quel motif ? Un représentant d'un cabinet comptable chargé de recouvrement lui affirme qu'un contrat d'insertion payante dans un annuaire professionnel en ligne a été passé. Pour preuve, un fax signé et tamponné par l'exploitante quelques semaines plus tôt.
« Très convainquant »
Le discours détaillé et argumenté de l'interlocuteur laisse Christine (prénom d'emprunt) anéantie au bout du fil. Certes, l'échange a bien eu lieu deux mois auparavant : mais l'intéressée pensait donner son accord pour figurer dans un annuaire gratuit et confirmer simplement ses coordonnées.
A y regarder de plus près… la mention d'une somme figure bien en petits caractères, au bas du document transmis par fax qui fait office de contrat.
« Leur discours est très convainquant » explique l'exploitante, qui, comme beaucoup, finit par douter d'elle et craint de crouler financièrement.
« Après une longue conversation téléphonique où tout a été fait pour me déstabiliser » raconte Christine, « mon interlocuteur me propose un entretien avec sa directrice. ».
Devant le désarroi de cette cliente « étourdie », la « directrice » consent à résilier le contrat… si 4.000 € sont versés sur un compte bancaire turc avant la fin de la journée ! Un « protocole d'accord » est alors faxé de nouveau à l'exploitante.
Passés les premiers instants de panique, Christine a eu la présence d'esprit de solliciter des renseignements auprès du service juridique des organismes professionnels agricoles et de la répression des fraudes (voir encadré).
Au moins 15 à 20 cas connus
Son témoignage n'est pas isolé, bien au contraire. Quinze à vingt personnes se sont fait connaître, rien qu'auprès du service juridique des organismes professionnels agricoles.
À chaque fois, la pratique est quasiment identique. Un engagement de 24 mois à raison de 900 € par mois…
« Je pensais ne rien avoir à payer », confirme une autre victime, qui s'était fait confirmer la gratuité du service par son interlocuteur.
On lui réclame aujourd'hui 14.000 €. Et depuis plusieurs mois, elle subit un harcèlement téléphonique régulier.
D'ailleurs, on a clairement expliqué à Christine que le service juridique auquel elle aurait à faire en cas de non paiement n'était « pas tendre ». Certaines victimes ont cédé en envoyant le fameux chèque de résiliation. Mais le harcèlement se poursuit.
Preuve, s'il en est, qu'il faut impérativement se refuser à payer. Christine, elle, n'a pas cédé et a transmis son dossier au service juridique de son assurance.
Perrine Guillet

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Comment réagir ?

- Contacter le service départemental de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (ou les services juridiques des instances professionnelles).
- Faire savoir à son interlocuteur que des démarches ont été engagées face aux soupçons de publicité mensongère ou d'escroquerie.
- Demander des précisions sur la nature du service fourni (souvent inexistant).
- Réclamer les coordonnées précises de l'entreprise : elle est souvent très réticente.
- Maintenir sa position et toujours refuser de payer (même en cas de visite à domicile ou de pression d'un pseudo avocat) au cours des mois pendant lesquels le harcèlement se poursuit.
- Éviter de multiplier les délégations de signature dans la société et garder à l'esprit qu'un fax peut être valide s'agissant d'un contrat professionnel.

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Les explications de la répression des fraudes

Selon la répression des fraudes, cette arnaque vise avant tout les professionnels : exploitations agricoles, professions libérales, mais aussi sociétés de tailles importantes.
Depuis une quinzaine de jours, on note une recrudescence de ces pratiques dans la région, secteur cible depuis deux à trois mois (les responsables procèdent par vague géographique).
Mais ce genre de procédés est courant depuis 2000. Pourtant, il est difficile d'identifier les sociétés à l'origine de ces « offres ».
« En général, ces entreprises sont basées à l'étranger, leurs coordonnées correspondent à de simples boîtes aux lettres, leurs numéros de téléphone sont toujours masqués… » explique-t-on du côté de la répression des fraudes.
Difficile de porter plainte pour les victimes. Une affaire concernant un service d'insertion dans un annuaire professionnel a bien été jugée à Colmar, mais la société incriminée à fait appel du jugement.

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Une quarantaine de cas dans la Marne chaque année

Les sociétés spécialisées dans l'arnaque à l'annuaire téléphonent dans toute la France.
A l'instar des Ardennes, la Marne n'échappe pas au phénomène.
« Nous recevons une quarantaine de plaintes à l'année dans le département de la Marne » révèle Sylvie Delique, chargée de communication à la direction régionale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.
« Les victimes principalement ciblées sont des PME, des associations et des agriculteurs. Les démarcheurs se présentent de façon ambiguë, en se réclamant d'une société dont le nom peut évoquer une confusion avec France Télécom, Annuaire Télécom par exemple. Ils justifient leur appel par la mise à jour de leurs fichiers et précisent toujours le caractère gratuit de l'opération. »
Les professionnels qui acceptent de figurer dans l'annuaire doivent signer et retourner le fax de confirmation qu'on leur envoie.
Ils sont nombreux, comme l'exploitante agricole ardennaise, à ne pas avoir remarqué l'aspect contractuel du document rédigé en petits caractères.
Certains annuaires existent, d'autres pas du tout. « Nous sommes là dans l'escroquerie la plus complète » indique Mme Delique.
Les technologies évoluent, les escrocs s'adaptent. Le coup de l'inscription dans un annuaire professionnel ne date pas d'hier mais avant l'apparition d'Internet, l'arnaque concernait des annuaires papier.
Un autre grand classique était l'achat d'emplacements publicitaires dans de prétendues revues de pompiers ou policiers municipaux qui ne paraissaient jamais.
F.C.

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