Après le lycéen, il attaque une octogénaire

Après le lycéen, il attaque une octogénaire

Publié le vendredi 06 juillet 2012 à 08H12 - Vu 716 fois

Cette nuit du 15 juin, deux mondes se sont rencontrés près du pont de Vesle. Celui de la victime, un lycéen bien élevé fils de bonne famille, et celui des agresseurs, trois désœuvrés en rupture avec les normes de la société. Le plus jeune n'a que 17 ans, mais son palmarès judiciaire est déjà bien étoffé.
Les policiers de la sûreté départementale de Reims l'ont d'ailleurs interpellé le 21 juin, six jours après les faits, à l'occasion d'une autre affaire : un flagrant délit de vol à l'arraché sur une passante de 80 ans. Accompagné d'un complice, l'ado avait agressé l'octogénaire rue de Pargny pour lui arracher son sac à main et son collier. La victime, projetée à terre, fut blessée au front et au menton.
En perquisitionnant le domicile du mineur, les policiers ont retrouvé le téléphone portable du lycéen. Ils ont ensuite identifié Olivier Ségovia, 35 ans, déjà condamné pour des vols et violences mais qui n'avait plus fait parler de lui depuis 2006.
La brigade anticriminalité l'a interpellé le 27 juin lors d'une surveillance rue de Dunkerque. Le nom du troisième comparse est également connu mais celui-ci, pour l'instant, a échappé aux recherches. L'adolescent a tout contesté. D'après ses déclarations, il n'y a eu ni vol, ni violence. Le lycéen aurait spontanément accepté de régler tous les achats avec sa carte bancaire. Quant au téléphone portable, il l'aurait vendu 10 € à l'ado.

Le tribunal ou les assises ?

Olivier Ségovia, lui, était trop saoul pour garder un souvenir précis des événements. Il se souvient seulement d'avoir giflé la victime chez lui, rue de Brazzaville, pour la punir d'avoir renversé de la bière (elle avait été obligée de nettoyer). S'agissant des achats, il lui semble également qu'il n'y a eu aucune contrainte.
Lors de son périple en ville ou dans les magasins, le trio est passé à plusieurs reprises devant des caméras de surveillance. Les policiers ont visionné les bandes. Ils ont pu constater combien le lycéen était solidement encadré, l'air apeuré, sans disposer de la moindre liberté de mouvement. Déjà écroué dans l'affaire du vol à l'arraché, le mineur est reparti en maison d'arrêt avec une procédure supplémentaire.
Les portes de la prison se sont également refermées sur Olivier Ségovia. Il comparaîtra à l'audience correctionnelle du 17 juillet mais l'avocat de la victime envisage de soulever l'incompétence du tribunal, au motif que les faits reprochés mériteraient une qualification criminelle. Il peut s'appuyer sur un précédent : celui de cette Rémoise du quartier Croix-Rouge tabassée, séquestrée, brûlée à la cigarette, mordue par un molosse au sein d'un groupe de six jeunes filles qui lui reprochaient une prétendue rivalité amoureuse (l'union du 23 juin).
Pour cette affaire qui n'est pas sans rappeler l'agression du lycéen, les meneuses ont été mises en examen pour « séquestration avec actes de torture et de barbarie en réunion », un crime passible de la cour d'assises.

F.C.

L'union l'Ardennais