Alexandre Larmoyer (MR, Arlon) : « Pas de racolage »

Alexandre Larmoyer (MR, Arlon) : « Pas de racolage »

Publié le dimanche 14 octobre 2012 à 11H00 - Vu 71 fois

Tête de liste du MR (Mouvement réformateur, un parti libéral et centriste que l'on dit proche de l'UMP française) à Arlon, Alexandre Larmoyer est sans ambiguïté : « Le MR a soutenu cette loi, et on ne le regrette pas. Il s'agit d'un acquis démocratique. Quand on vit dans une commune depuis un certain temps, il est légitime d'avoir son mot à dire et donc de participer aux élections communales. »

Pour le reste, le candidat est plus circonspect. « Il est normal que les personnes concernées fassent au moins la démarche d'aller s'inscrire. Certains partis de gauche vont carrément à leur rencontre pour les inciter à le faire, estimant que ce sera pour eux une réserve de voix. D'autres font le forcing pour avoir au moins un étranger non communautaire sur leur liste. Ce sont des candidats alibis, des attrape-voix. C'est une forme de racolage et je m'y refuse. »

En revanche, le contexte est différent si l'étranger est déjà engagé (dans la vie de la commune) avant l'élection elle-même. « Il est normal que sur une liste, on souhaite avoir des représentants des différents quartiers, de générations et catégories socio-professionnelles différentes. Voire de nationalité étrangère : sur notre liste, j'ai accueilli volontiers une ressortissante du Luxembourg, qui vit à Arlon et est née… en France ! Mais c'est quelqu'un qui était déjà engagé. »

Et pas question non plus pour Alexandre Larmoyer d'inclure dans son programme des propositions spécifiquement adaptées à cet électorat non communautaire : « Pas de racolage non plus sous cette forme. Oui à ce droit de vote, mais non au clientélisme. »

« Une étape, pas une fin… »

Ville de 30 000 habitants située à quelques kilomètres des frontières luxembourgeoises et françaises (50 % de la population active travaille à l'étranger), Arlon compte environ 2 500 étrangers dont 600 seulement se sont inscrits.

C'est un bastion du PS belge depuis 1977. « Le challenge est difficile, mais on n'a pas vocation à être éternellement dans l'opposition » relève encore la jeune tête de liste du MR. A 25 ans, Alexandre Larmoyer, gérant de société, qui a fait ses études au Luxembourg, n'est pas étonné que la question demeure conflictuelle en France, un pays qu'il connaît bien : sa mère est française.

« Chez vous, il y a une tradition liée au droit du sol, ce qui n'est pas le cas en Belgique. J'ajoute qu'une certaine ambiance, liée au FN, fausse le débat. Le scrutin majoritaire complique aussi la donne : une élection peut se jouer à quelques voix. Mais rien n'est simple : les Français établis hors de France votent en France, ce n'est pas le cas de leurs homologues belges ! Reste que le droit de vote des étrangers hors CEE est sans doute une étape démocratique, mais ce n'est pas une fin en soi. Les difficultés en terme d'intégration demeurent. »
 

L'union l'Ardennais