Publié le samedi 05 juin 2010 à 11H00 - Vu 785 fois
Face à une affluence débordante, certains riverains aimeraient voir la police municipale verbaliser.
L'AIRE de camping-car de Charleville-Mézières plaît aux touristes : pas de doute. Pour preuve, ils sont de plus en plus nombreux à s'y installer. « Depuis 2 ou 3 ans, le parking est plein en permanence », confirme Guillaume Herbet, le responsable du camping, où sont gérés les branchements électriques du parking.
Une situation qu'un de nos lecteurs, camping-cariste à ses heures, déplorait dernièrement dans un courriel : « En passant par la plaine du Mont-Olympe, j'ai pu observer ce matin […] une petite aire de camping-car plus que saturée. […] Pour huit places […], il y avait 20 camping-cars de stationnés ». Un trop plein qui limite l'autonomie plébiscitée par les camping-caristes mais dont bénéficie par ricochet le camping. Car si « souvent les gens débordent et s'installent en semi-sauvage », certains choisissent de s'y installer. Ils y représentent même désormais « plus de 50 % des campeurs (le camping a enregistré en tout 18 000 nuitées en 2009 : NDLR) ».
Concurrence déloyale
Parmi eux, bien sûr, des personnes déçues de n'avoir pu obtenir un emplacement gratuit : « Ils arrivent en râlant parce qu'ils sont obligés de payer », observe une hôtesse à l'accueil, « mais parfois certains prolongent leur séjour. D'autres surveillent le parking jusqu'à ce qu'un camping-car parte (Aucun arrêté municipal ne limite le temps de stationnement. Seul le droit commun s'applique : NDLR) ». D'autres préfèrent la sécurité et le confort (douches, toilettes, machines à laver…) de l'enceinte municipale.
Et c'est là que le bât blesse : nombre de camping-caristes garés à l'extérieur viennent profiter des infrastructures intérieures sans s'acquitter du moindre centime. Est-ce parce que les équipements du parking sont mal adaptés ? Notre lecteur a en effet listé une série d'insuffisances de « la pseudo-aire de service » (lire par ailleurs) qui pourraient encourager à resquiller : problème d'évacuation des eaux grises et difficulté à s'approvisionner en eau, en tête.
L'adjoint au tourisme, François Théret penche plutôt pour un manque de civisme : « C'est dans l'air du temps, les gens prennent ce qu'ils veulent ! (sans payer : NDLR) » Quel coût cela représente-t-il pour la collectivité ? Impossible à chiffrer : « Il est très difficile pour les gens de l'accueil de filtrer tout le monde », explique Guillaume Herbé qui s'attend « d'ici quelques années, à voir 75 % des entrées être des camping-cars ».
À terme, la municipalité envisage sérieusement de déplacer l'aire de stationnement d'au moins quelques centaines de mètre afin d'éviter cette proximité qui génère une forme de « concurrence déloyale ».
Mais l'adjoint précise : « Installer une aire de camping-car, ce n'est pas seulement mettre du macadam ! Rien n'est inscrit au budget 2010, ce déplacement est nécessaire mais n'est pas une priorité ».
Nathalie DIOT
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