Publié le dimanche 15 janvier 2012 à 12H00 - Vu 114 fois
Tous les protagonistes de ce spectacle original en répétition : de gauche à droite, Luigi Santangelo, Yves Billoin, M'sieur Dam, DJ Marco Gayo et Jean-Jacques Descamps.
Quel lien peut-il y avoir entre la poésie hip hop, Bach, Led Zeppelin et le Boléro de Ravel ? Vous le verrez dans quelques mois avec le nouveau projet Arcadeus Electro Slam.
L'ensemble classique Arcadeus nous a habitués depuis quelques années au « décloisonnement » des genres et ce n'est pas fini.
Son prochain projet s'appelle Arcadeus Electro Slam : les cordes classiques vont passer de Bach à Ravel en flirtant avec Led Zeppelin et le bluesman Robert Johnson, dialoguer avec les samples et les boucles d'un DJ mixant le répétitif Phil Glass et les sauvages de Punish Yourself, le tout entrecoupé du flow poétique d'un excellent slameur issu de la culture hip hop.
Ça promet d'être chaud !
En 2009, Luigi Santangelo, Jean-Jacques Descamps et Yves Billoin, les trois musiciens d'Arcadeus, avaient présenté plusieurs fois au public ardennais, avec la comédienne Emmanuèle Stochl et sur une mise en scène de Marie Vayssière, un Remember Pierre Bourdieu plutôt décoiffant qui interrogeait la parole subversive du fameux sociologue sur fond de Schumann, Mozart, Albeniz, Brel, etc.
Cette fois, on est dans le même genre d'intention avec Arcadeus Electro Slam : pouvoir mélanger différents publics n'ayant, a priori, jamais de contacts entre eux. Les répétitions dans les studios de l'Adecuma à Aiglemont ont déjà commencé depuis juin 2011 pour une création à Sedan les 20 et 24 mars prochains dans le cadre de la Semaine de la francophonie et sans doute d'autres dates (du moins c'est à espérer) à Charleville-Mézières et ailleurs.
En cours de route il y a eu un changement dans l'équipe : exit le Carolo Romain Bouzin, c'est désormais le slameur rémois (mais d'origine ardennaise) M'sieur Dam qui pose ses textes tranchants de liberté et de révolte.
Exemple : « Rien ne vous empêche de contempler les étoiles… la tête dans le caniveau ! ».
Le DJ est l'Ardennais Marco Gayo.
65 pulsations/minute
Avec ses platines, le travail de mise en place est d'une extrême minutie « pour parvenir à une parfaite fusion de l'ensemble », explique Luigi Santangelo.
Ainsi pour le final sur le Boléro joué par les trois instruments à cordes, la pulsation du DJ sera exactement la même que celle demandée sur la partition de Maurice Ravel, c'est-à-dire 65 pulsations/minute.
« Le plus difficile pour nous est de nous caler rigoureusement sur ce rythme… sans chef d'orchestre bien sûr ! ».
La seule entorse qui est faite à la version d'origine de ce célèbre morceau au tempo régulier et lancinant est que Luigi Santangelo a réécrit une mouture plus courte : au lieu des 300 et quelques répétitions du thème rythmique de base, Arcadeus Electro Slam n'en jouera que 232… mais ce sera suffisant pour faire monter la pression jusqu'au paroxysme. En tout cas, ce sera fait pour…
Patrick FLASCHGO
Voir aussi sur www.arcadeus.net
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