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Accessibilité / L'enfer est pavé de bonnes intentions

Publié le samedi 22 septembre 2012 à 11H00 - Vu 203 fois


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De la rampe d'accès aux ascenseurs sur le quai, tout a été fait pour permettre un cheminement facile en fauteuil roulant.

De la rampe d'accès aux ascenseurs sur le quai, tout a été fait pour permettre un cheminement facile en fauteuil roulant.


CHARLEVILLE-MEZIERES (Ardennes). Plutôt satisfait du travail accompli, jugeant même, 16 mois après son inauguration (le 14 mai 2011), les choses « apaisées »  autour du pole d'échange multimodal (PEM),  le responsable du projet pour Cœur d'Ardenne, François Théret a toutefois souhaité passer l'épreuve du feu et inviter les associations liées  au handicap à tester l'accessibilité des lieux.  L'AAPH, l'APF, la Sève et le Rameau  et l'association Valentin Haüy étaient présents (*) et ont su relever ces petits détails dans lesquels  le diable se niche parfois.

Une centaine… sans parler des poussettes !
Un parvis sans obstacle, un parking avec rampe d'accès et gratuité durant 20 minutes « et même des places fair-play pour les familles », dans son rapide préambule d'accueil, l'élu a détaillé les améliorations et rappelé en creux que tous à un moment de notre vie, chargés d'une poussette, de bagages, d'une canne ou d'un fauteuil roulant, nous sommes des personnes à mobilité réduite.
Concrètement, grâce à une opération de prise en charge intitulée « accès plus », la SNCF comptabilise une centaine de personnes handicapées par mois passant par le PEM. Un chiffre minimum car s'y ajoute une autre partie voyageant en complète autonomie.

Changer les couleurs

Un alignement d'arbres a été supprimé, des spots lumineux installés, des couleurs différentes choisies pour alterner le noir et le gris de la pierre, avec le vert du parc et ses allées plutôt beiges. Malgré toutes ces précautions, Alain Duchemin représentant les malvoyants, a pointé du doigt sur le parvis de la gare… le mobilier urbain. Le gris des poteaux et des accroche-vélos, choisi en concertation avec l'Architecte des bâtiments de France, ne convient pas. Une bande blanche visible à hauteur des yeux doit être ajoutée.

Isoler les balises sonores

Depuis l'arrivée du TGV en 2007, une dizaine de balises sonores a été installée à des emplacements clefs : entrée, sortie, cage d'escalier, ascenseur. Ces haut-parleurs sont déclenchés au passage des personnes disposant de la télécommande nécessaire et diffusent des messages permettant de se repérer dans l'espace. Problème, certains messages se déclenchent en même temps. « Il faudrait isoler les balises sonores les unes des autres pour une bonne qualité d'écoute ».

Problème de taille…

Un bras trop court, un ticket trop bas… Depuis un fauteuil roulant ou une voiture aménagée, les distances sont différentes. Sur le parking, le délégué suppléant départemental de l'APF, Alain Antoine ne peut pas prendre un ticket de stationnement, tandis que son véhicule n'est pas adapté aux places de parking handicapé.
« Même si je gare ma voiture au maximum à gauche, si une voiture me serre, je ne peux pas sortir ». Pourtant « les normes ont bien été respectées », observe le directeur de l'APF mais elles sont faites « pour le plus grand nombre » pas pour le matériel existant. Solution envisagée : mettre une place handicapé en bout de ligne.

… et de distances

Mais le plus difficile d'après Alain Antoine et Muriel Biason (la sève et le rameau) est de parcourir la distance qui sépare le parking des quais : « 120 m » par la rampe sans compter le passage par le composteur. Et le trajet est encore plus long si l'on passe par le parvis.
Deux solutions ont été suggérées : déplacer le composteur à la sortie du parking côté quai (en discussion) et créer une porte à proximité du parking. Sur ce dernier point, la SNCF émet des réserves pour des raisons de sécurité : « Les jeunes ont tendance à couper au plus court et risqueraient de traverser les voies comme c'est le cas à Sedan ».

Un arrêt minute sur le parvis ?

Pour Alain Antoine et Muriel Biason, la solution est encore plus simple : ouvrir les voies réservées aux bus et taxis, aux voitures des personnes handicapées. Une proposition a priori retoquée par la SNCF et l'agglo, pour des raisons de sécurité d'abord : des véhicules en stationnement gêneraient le passage des nombreux bus, taxis, vélos, piétons, etc. Pour un problème d'organisation et d'incivisme d'autre part : comment empêcher les autres véhicules d'en faire autant ?

Nathalie DIOT
( *) Invités mais absents : le centre d'audiophonologie, la CAF, le CCAS…

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