Publié le mardi 22 juin 2010 à 10H54 - Vu 31 fois
À 35 ans, Eric Potié vient d’être nommé à la tête de la Fédération des coopératives vinicoles de la Champagne (FCVC). Ce viticulteur installé à Unchair, dans la vallée de l’Ardre, a intégré le groupe des jeunes du SGV en 1997 où il était d’ailleurs représentant à la « fédé ». Il est entré dans la coopérative de Mancy en 2002, avant d’en devenir président en 2005. Un vrai défi à relever après les différentes affaires et règlements de comptes dont a été victime la structure.
Eric Potié a le syndicalisme dans le sang. : « Nous sommes coopérateurs de père en fils depuis des générations ». Son projet est une évidence : « Je veux défendre la coopération en exprimant la voix de nos adhérents qui peuvent être des double actifs comme des exploitants les plus importants ».
Pour soutenir cette catégorie socioprofessionnelle diverse, Eric Potié doit composer avec deux partenaires que sont le Syndicat général des vignerons (SGV) et l’Union des maisons de champagne (UMC). Pour le premier, pas de souci : « Nous sommes là pour appuyer le SGV et travailler avec tous les vignerons, même ceux qui ne sont pas coopérateurs ». Quant au second partenaire, plus délicat : « Là aussi, nous sommes là pour appuyer notre syndicat dans ses discussions avec le Négoce ».
Ces discussions qui sont tournées vers le grands sujet d’actualité : les rendements de la prochaine vendange.
Si aucun chiffre ne sort de la bouche d’Eric Potié, il reste néanmoins sur une position raisonnable : « Nous souhaitons un rendement convenable pour les vignerons et pour la Champagne. Il faut rester prudent. Nous disposons encore de beaucoup de stock dans les caves. Près de trois ans. Si nous voulons maintenir la qualité et la valeur ajoutée, il faut être logique. »
Toujours à propos des rendements, Eric Potié se refuse à rentrer dans le système de l’usine à gaz des vendanges 2009 avec les cinq paiements. « On se positionne sur quatre paiements, comme d’habitude. »
Pour Eric Potié, la coopérative est un monde passionnant. « Aujourd’hui, l’image des coopérateurs a évolué en bien. Le partage des idées et des valeurs est apprécié devant une société en crise. De plus, avoir des vins issus de coopérative est gratifiant. » Et à ceux qui mettent en exergue la mention de récoltants coopérateurs en brandissant le spectre de la traçablité, Eric Potié répond : « C’est l’appellation champagne qui reste au dessus de toutes ces guéguerres internes sur ce thème ».
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