Publié le mardi 02 octobre 2012 à 11H00 - Vu 111 fois
En cette période de crise, quand on parle d'argent c'est souvent pour s'en plaindre. Sauf salle de Nevers, ce dimanche, où l'argent a montré qu'il pouvait rendre historien, géographe, économiste… et même philosophe.
«CE n'est qu'une petite bourse locale ici. Rien à voir avec le palais Brognard où se trouve la bourse de Paris » commentent les numismates organisateurs de la 9e bourse aux monnaies dimanche salle Nevers. Difficile pourtant à l'heure où l'économie va mal et où tout le monde en parle, d'arpenter les allées bordées de pièces de monnaies et de billets de banque sans s'interroger sur les étranges fluctuations de l'argent.
Penché sur une belle boîte pleine de pièces dorées et argentées, un petit monsieur d'environ 70 ans prend une grosse pièce de 5 Francs datée de 1949 entre ses doigts et la montre à sa petite-fille (la vingtaine) : « Avec ça, j'allais au cinéma et les pièces de 25 centimes trouées, je m'en servais comme rondelle pour mes freins de vélo ! »
« Le prix passe de 1 à 5 »
Réaction sceptique d'un numismate averti d'une soixantaine d'années : « Moi dans les années 50, avec cette pièce, je m'achetais plutôt un carambar ». « Aujourd'hui, je ne suis pas sûr que ça en vaille encore un », observe le président de l'Association des numismates ardennais Jean Diel qui vend le lot de trois pièces un euro.
« Ce n'est pas forcément les plus vieilles qui valent le plus cher », poursuit-il montrant une pièce romaine de 1700 ans valant seulement 15 euros : « C'est l'offre et la demande. Une monnaie rare que personne ne collectionne ça ne vaut pas grand-chose ». Ce qui ne veut pas dire qu'une monnaie répandue vaut plus.
N'allez pas vous imaginer que les francs d'avant l'euro vont vous rendre riches. Car tout le monde a fait comme vous et les a oubliés au fond d'un tiroir : « Il va falloir attendre quelques siècles. »
En revanche, le jour où un écu d'or de Saint-Louis réapparaîtra sur un marché, ce qui ne s'est pas vu depuis 40 ans, « il dépassera sûrement les 400.000 euros ».
Jean Diel, ancien professeur d'histoire géographie reconnaît à la monnaie de véritables qualités d'apprentissage en sciences humaines : d'où elle vient, qui est représenté sur son revers, combien d'exemplaires en ont été frappés ?
Toutes ces questions permettent de partir à la recherche d'une histoire souvent fascinante et de mieux appréhender aussi la valeur des choses. « Usé ou à l'état neuf, le prix passe de 1 à 5. Par exemple, un franc de la IIIe République, bien il vaut 5 euros, « fleur de coin » (impeccable), 170 euros ».
Mais rares sont ceux à être assis sur un tas d'or d'après Jean Diel.
Il y a 30 ans, le collectionneur ne s'est retrouvé qu'une fois face aux propriétaires ignorants d'un trésor, « des gens du Nord. Ils disaient avoir des pièces toutes vertes et d'autres si fines quelle ne devaient rien valoir. C'était des sesterces en bronze et des pièces d'or du Moyen-Âge. Sans doute les restes d'une collection partagée d'héritage en héritage sans conscience du prix de cette monnaie ».
Fallait-il encore trouver un acheteur, car quelle que soit la cote « sans acheteur, l'argent ne vaut rien ».
Nathalie DIOT
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Les dernières contributions
Mlevin
03/10/2012 à 21h24
J'aimerais savoir s'il existe des "faussaires" de monnaie ancienne !
Et comment peut-on faire la différence entre une pièce de monnaie ancienne authentique et la même pièce reproduite à l'identique ?
Les pièces de monnaie dites "satiriques" ont-elles de la valeur ?
J'en ai une où l'on voit la tête de l'empereur Napoléon III surmontée d'un casque à pointe prussien , après la défaite de Sedan !
Merci M. DIEL pour une réponse éventuelle .