Publié le dimanche 04 avril 2010 à 11H49 - Vu 489 fois
Isabelle Dantan, Isabelle de Benoist, Delphine Brulez.
La dame picore le petit gâteau rose, fait la grimace, recrache. À 10 000 kilomètres de distance, les goûts et les saveurs, ça ne se discute pas. Ça s'apprend. Isabelle de Benoist ne s'en formalise pas. « C'est culturel », dit la chargée de com'des biscuits Fossier, venue ici « prendre la température ». Chaleureuse souvent, inattendue parfois.
Tout sourire, un visiteur tombe en arrêt devant une coupe de Dantan-Oudit. « C'est super connu, comme Moët, non ? » Isabelle Dantan n'a pas le cœur de l'en dissuader. Avec ses 3 hectares et ses 240 000 bouteilles à l'année, le petit producteur de Bassuet, sur la côte des blancs, est en terre de mission. Isabelle a apporté quelques caisses de brut. La robe délicate du rosé a son succès. « C'est l'effet poupée Barbie. Les Chinois adorent le rose », explique Thierry Meunier, un importateur français installé à Pékin et à Hong Kong. À ce compte-là, le biscuit Fossier garde ses chances. À Chengdu, Isabelle n'a qu'un objectif : « Faire la promotion de la Champagne ». Et si le consul de France confirme sa commande pour le 14 Juillet du consulat, c'est tout bonus.
Les millésimés de Louise-Brison, eux, ont déjà pris leurs marques. Des bulles auboises, de Noe-les-Mallet. Depuis 2007, Delphine Brulez a son importateur, Zhen Yu, un ancien de l'école de commerce de Toulouse, qui vient de lui acheter cash 300 bouteilles. Seul hic : Yu revend à 88 € une bouteille sortie de cave à 13,44. Mauvaise pub. Delphine a obtenu qu'il baisse son prix à 63 €. « Le champagne est un produit de riches et de niches, mais quand même ! », dit la jeune fille, qui doit parfois expliquer que le champagne sans alcool, ça n'existe pas.
Bling bling
Pour le marché local, Yu a fait réimprimer la plaquette classieuse de Louise-Brison. Entièrement en chinois. Un look bling bling, orange, noir et or. Les Chinois aiment ce qui brille. Et aussi tout ce qui, de près ou de loin, ressemble à du brutal. Telle la prometteuse et belle robe ambrée du marc de Goyard dont ils chipent à la volée quelques pleins verres. Thierry Meunier s'improvise en arbitre des assoiffés. Il connaît la propension chinoise à ne pas faire les choses à moitié. « En 2007, le Languedoc-Roussillon a installé une antenne régionale à Chengdu. Résultat : l'an dernier, la Chine a importé 200 containers de vin du Languedoc. » En gros, 2,5 millions de bouteilles. De quoi faire saliver.
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