Publié le mardi 01 février 2011 à 09H12 - Vu 184 fois
C'est un portrait peu flatteur de l'accusé qui s'est dessiné hier au premier jour de son procès pour viol. Un portrait que Patrick Barnault, lui-même ne cherche pas à enjoliver.
À l'époque des faits, son casier judiciaire porte déjà mention d'au moins sept condamnations notamment pour des cambriolages ou des vols. Originaire du Val-d'Oise, Barnault est âgé de 22 ans lorsqu'il vient s'installer à Reims, dit-il pour se rapprocher d'un père qu'il n'a pas vu depuis près de 20 ans. Ce dernier l'héberge et lui trouve un emploi. Un emploi qu'il ne garde pas. Plus tard, il reçoit le soutien d'une association. Nouveau logement. Nouveau travail. « Je n'étais pas assez payé pour les heures que je faisais », explique t-il au président de la cour d'assises des mineurs.
La tante de sa petite amie, âgée de 16 ans et qui répond depuis hier de complicité semble avoir mis en garde sa nièce sur ses fréquentations. « Il avait l'air bizarre », confiera t-elle à la barre. C'est elle qui apercevra à deux reprises, ce 24 octobre entre 8 h 15 et 8 h 45, Patrick Barnault poussant « un petit container à poubelles jaune ». Le témoin est affirmatif. « Je n'habite pas très loin de chez lui. Dans notre immeuble, on utilise des grosses poubelles, la sienne était plus petite et je n'ai pas trouvé ça normal ». Poussé par le président Bresciani, le témoin explique les raisons de sa méfiance vis à vie de l'accusé. « Il passait des journées entières à sa fenêtre à distribuer des bonbons aux gamins du quartier ». Ce que confirme l'une des connaissances de Barnault : « Il faisait souvent des crêpes pour les jeunes de son quartier ».
Des mensonges !
À l'audience, la seconde épouse du père de Patrick Barnault découvre une autre facette de son beau-fils. L'avocate générale informe la septuagénaire qu'elle a été mise en cause par l'accusé. « Il a affirmé à plusieurs reprises que vous lui aviez dit avoir vu sa petite amie en compagnie d'autres hommes ». Surprise de la belle-mère : « Ce ne sont que des mensonges ! ». Des accusations qui, selon Patrick Barnault justifieraient « le manque de confiance envers ma copine ».
Un document, rédigé de sa main a alors été brandi lors de ce premier jour d'audience. L'accusé y décrit les habitudes d'une jeune femme avant de conclure : «… je passe à l'action ». Des habitudes qui pourraient être attribuées à l'une des victimes présumées de Patrick Barnault. « J'espionnais ma petite amie. Je faisais ma propre enquête car je ne lui faisais plus confiance ». Une déclaration qui ne semble avoir dupé, ni les avocats de la partie civile, ni les familles des victimes, pas plus que la représentante du ministère public.
Aujourd'hui, les experts en psychologie et en psychiatrie achèveront de brosser un portrait de l'accusé déjà peu reluisant.
C.L.
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