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« Des fournisseurs pas en capacité »

Publié le mardi 11 mai 2010 à 10H49 - Vu 16 fois


La moitié des entreprises de la filière a disparu ces vingt dernières années.                 Angel GARCIA

La moitié des entreprises de la filière a disparu ces vingt dernières années. Angel GARCIA


« Il faudrait utiliser les bois de la région », reconnaît le gérant d'Argonne bois. Une petite société de trois personnes basée à Sainte-Ménehould, qui a aussi une activité de scierie au départ. Il fait venir du bois des Ardennes belges. Mais ses charpentes proviennent de Laponie. « Ce sont des bois qui poussent lentement. Leur densité est proche de celle du chêne. »
Une filière bois dans la région ? « Nous n'avons pas la mentalité des Nordiques qui se montrent solidaires. Et puis, il faudrait monter des séchoirs, disposer de bois calibrés. »
Christophe Possémé, qui dirige Le Bâtiment associé à Muizon, doit aussi se résoudre à travailler des bois qui viennent d'ailleurs. Du Jura en particulier, et même d'Allemagne. « Nous sommes limités dans nos achats, car il nous faut des sections et des niveaux de qualité qui soient toujours les mêmes. Nos machines sont calibrées en conséquence. » Or les fournisseurs locaux ne sont pas toujours en capacité de répondre aux besoins de bois de structure. Dans la durée et la régularité.
Christophe Possémé dirige une entreprise spécialisée, notamment, dans la charpente industrielle et l'ossature bois. « C'est un secteur en fort développement depuis deux ans. En 2009, le chiffre d'affaires a progressé de 60 %, avec les travaux d'isolation. » Le Bâtiment associé se prépare à ouvrir, dans un an, un nouvel atelier de 2 500 m2 à Muizon, dédié à l'ossature bois. « Nous créons un produit et donc un marché et une dizaine d'emplois. » Ce jeune dirigeant mise sur l'essor de cette filière qui va répondre à 16 % de la demande attendue d'ici 2020. Contre 8 % aujourd'hui.

Veiller à la formation


Et pourtant, l'activité aurait pu s'implanter en Pologne. « Nous gardions alors les ingénieurs, qui ne représentent que 2 % des effectifs »… C'est donc sur une volonté de maintien du travail et des emplois que doit aussi se construire la filière bois. Les préoccupations de développement durable n'en sont pas étrangères, quand il s'agit de produire sur place. Plutôt que d'importer et donc de transporter.
« Attention à la formation », met également en garde Christophe Possémé. La construction en bois suppose des compétences, qui mettent en jeu des garanties dont peut se prévaloir le client final.

D.H.

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