Publié le vendredi 26 février 2010 à 11H00 - Vu 11 fois
« Sans aide européenne, il n'y pas d'agriculture possible.»
Laure, la compagne de Benoît, éducatrice, originaire de Laon, ne connaissait pas le milieu agricole. L'apprentissage n'a pas été facile. Elle s'amuse, désormais, des clichés : « Soit on les prend pour des bouseux arriérés, soit pour des nantis. » Elle constate que Benoît travaille beaucoup, stresse au moment des moissons. : « Toute une année se joue en quinze jours. »
L'agriculture a perdu 30 % de revenus, cette année. La profession va mal, même dans l'Aisne connue pour abriter certains gentlemen farmers. Quand les producteurs sont si désespérés qu'ils vont jusqu'à jeter leur lait, Benoît Danré les comprend. Il y a la France qui se lève tôt, qui trait et se tait. Et puis, il y a ceux qui n'en peuvent plus de travailler 14 heures par jour, 365 jours par an, pour perdre de l'argent. Benoît se dit que ses parents ont bien fait d'abandonner les vaches laitières dans les années 80 alors que les champs de betteraves remplaçaient petit à petit les pâtures. Le jeune homme a repris l'exploitation familiale en 2002. Il admet que ce n'était pas forcément une vocation. « J'avais un bac agricole en poche après mes études à Chauny puis un diplôme de droit rural obtenu à Paris. Je ne savais pas trop quoi faire. Et puis l'ambiance du lycée agricole, le fait de reprendre une ferme, un patrimoine créé par mon arrière-grand-père, qui, au départ, faisait du transport sur le canal avec des chevaux de halage, m'ont convaincu. Les ennuis de santé de mon père ont précipité ma décision. »
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