Publié le mardi 16 octobre 2012 à 11H00 - Vu 1779 fois
Chargé de défendre l'accusé, Emmanuel Ludot a tenté hier de remettre en cause la qualité de l'enquête menée par la gendarmerie.
CHARLEVILLE-MÉZIÈRES (Ardennes). Hier, devant la cour d'assises, l'accusé, goujat patenté, a nié les faits qui lui étaient reprochés. Sa version risque aujourd'hui d'être mise à mal par les témoignages des parties civiles et autres experts.
La voix de Sébastien B. n'a jamais tremblé. Hier, lorsque le président Latapie a, dès l'ouverture des débats, demandé à l'accusé sa position sur les faits de viols et d'agression sexuelle qui lui sont reprochés, le jeune homme aux larges épaules qui lui s'était avancé à la barre a rétorqué : « Je reconnais des rapports sexuels avec ces filles-là mais jamais sous la contrainte ou la force ».
Lors de sa garde à vue, en juillet 2008, Sébastien B., qui encourt jusqu'à vingt ans de réclusion, avait pourtant reconnu avec précision un viol et une agression sexuelle.
Mais hier soir, comme il l'avait fait face au juge d'instruction fin 2008, il est revenu sur cet aveu initial, imputé selon lui « au ras-le-bol, au saturage (sic) des questions posées par les gendarmes ».
Ces « filles-là » sont au nombre de six. Lorsqu'elles ont tour à tour déposé plainte, à partir de juillet 2008, cinq étaient mineures - deux n'avaient pas quinze ans. Certaines étaient amies tandis que d'autres ne se connaissaient pas.
Certaines reconnaissaient avoir eu, avant les faits dénoncés, des relations consenties avec l'accusé tandis que d'autres assuraient ne jamais l'avoir croisé. Toutes ont raconté, de manière « constante et cohérente », selon les enquêteurs, des relations forcées ou des gestes parfaitement inappropriés entre janvier 2006 et l'été 2008.
Toutes habitaient dans le Rethélois et gravitaient, de près ou de loin, dans le même cercle d'amis. Celui-ci comptait une trentaine de membres. Ces adolescents, majoritairement masculins, se retrouvaient en fin de semaine « sur la place de la mairie ou sur le terrain de foot ».
Comme tant d'autres, ils ont passé des heures à discuter, chahuter, boire de l'alcool et fumer quelques joints. Au sein de ce microcosme, Sébastien B., alors âgé d'une vingtaine d'années, faisait figure d'ancien. « J'étais assez connu dans le secteur, détaille-t-il à la barre. Dans les bals, je faisais un peu le malin. Je me vantais de mes bagarres, de mes conquêtes, je donnais des détails sexuels. Parfois, j'en rajoutais un peu… »
Critique, il ajoute : « Je ne suis pas fier de cette période ».
« J'avais envie, j'y allais et voilà »
Lorsqu'il évoque sa jeunesse, l'accusé, sous contrôle judiciaire depuis trois ans après avoir passé sept mois en détention provisoire, parle d'une « enfance positive », passée entre sa mère et sa grande sœur.
Sébastien B. n'a jamais connu son père mais « j'ai eu un beau-père à l'âge de six ans. Je l'ai toujours considéré comme mon père et lui me considérait comme son fils. […] Il y avait une très bonne ambiance familiale ».
En revanche, sa scolarité se révèle médiocre : pour ne pas s'être présenté à l'épreuve écrite, il finit par échouer à son CAP d'horticulture.
Sébastien B. affiche deux mentions à son casier judiciaire. Encore mineur, il est condamné pour des violences. Sa victime, un adolescent coupable de fréquenter une de ses anciennes conquêtes, avait eu la mâchoire fracturée. Le président Latapie s'arrête sur cet épisode :
- Vous êtes du genre bagarreur ?
- Non, je suis plutôt répondant.
- Ah, on ne me l'avait pas encore faite, celle-là.
-…
- Et parfois, vous répondiez avant qu'on vous cherche, non ?
- Non.
Lorsqu'en juillet 2008, la gendarmerie a mené une perquisition au domicile de Sébastien B., elle a trouvé une vingtaine de DVD à caractère pornographique et, sur son téléphone, le film d'un de ses ébats avec une petite amie.
Aux enquêteurs, il évoque « une première relation à l'âge de treize ans » et « une trentaine de conquêtes, c'est bien pour moi ». Sébastien B. a aussi cette phrase : « (Le sexe), ça se passait sur le moment, j'avais envie, j'y allais et voilà ». Le président Latapie fixe la problématique de ce procès : « Le sexe semblait très naturel dans votre jeunesse… C'est ce qu'on va chercher à comprendre car c'est-ce qui constitue le fond de ce dossier. Alors qu'est-ce qu'un viol pour vous ?
- C'est quand on force quelqu'un à une relation sexuelle.
- D'accord. Et avec une fille, comment voit-on que le feu est vert ou rouge ?
- Quand une fille est d'accord, déjà.
- Et le signal peut passer du vert à l'orange ?
- Oui, si le garçon insiste trop, par exemple.
- Bon… Stendhal, vous connaissez ? Le gars qui écrivait des bouquins au XIXe siècle… Un autre monde. Lui disait : « Toutes les femmes sont des forteresses, toutes les forteresses sont bonnes à prendre ». Vous en pensez quoi ?
- Je ne sais pas trop…
- En résumé, ça peut vouloir dire qu'il ne faut pas hésiter à monter à l'assaut…
- Oui.
- Mais que parfois, il faut aussi savoir s'arrêter.
- Vous, vous pensez que vous entendez bien les signaux que peuvent vous envoyer les filles ?
- Je sais quand c'est oui, je sais quand c'est non. Et je sais m'arrêter si c'est non.
Au terme de la première des trois journées de procès, les certitudes sur les faits jugés se font encore rares.
Rien d'anormal pour les avocats des parties civiles puisque les victimes, à l'instar des experts, restent à entendre. De même, les faits en tant que tels n'ont pas encore été abordés, hormis au travers des témoignages de deux des gendarmes chargés de l'enquête. Pour l'instant, Sébastien B. n'est encore, comme différents intervenants l'ont déjà qualifié, qu'un « homme à l'appétit sexuel important », un « coq de village vantard » et un « goujat ».
Un individu capable de dire, au moment de se reboutonner le pantalon, « Apprécie un peu plus le cul ! » à une jeune femme qui, comme cinq autres, répète depuis plus de trois ans qu'à ce moment-là, elle n'était pas consentante.
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Les dernières contributions
grandjack
17/10/2012 à 10h42
Une bonne castration chimique avec un outil qui ne lui servira plus qu'a soulager ses besoins naturels, voilà qui le fera réfléchir et en fera réfléchir d'autres.
Commentaires anonymes
17/10/2012 à 07h51
Argon
Tout a fait d'accord sur le texte de Standhal
Comment repondre a des choses qu'on a jamais entendu
Ce qui n'excuse en aucun cas son attitude
Argon
17/10/2012 à 05h40
Un commentaire de texte de Stendhal : il y a plus accessible...
kalimera
17/10/2012 à 05h14
Doucement la populasse !!!!!! Le présumé innocent est jugé en cours d'assises et n'est pas désigné coupable tant que le verdict n'a pas été énnoncé.
portos51
16/10/2012 à 19h55
Individu inutile. Si Cayenne existait encore, il y serait bien.
amourange
16/10/2012 à 19h54
"il faut juste l’arrêter, par ce que non..il ne sais pas ce que cela veux dire"
Enfin, je n'aurait pas du dire cela, le "non,il s'en fou"
Quand autant de jeunes femmes, répètent depuis trois ans la même chose..
Que dire d'autre.
princhon
Ce que l'on apprend pendant l'enfance est mieux gravé que dans la pierre.
16/10/2012 à 19h47
malheureusement encore un qui a le cerveau dans les c.. et vice versa!
blackraven
16/10/2012 à 19h46
...et on lui trouvera encore des circonstances atténuantes...
fenristhor
16/10/2012 à 15h08
il recommencera... tout juste bon à jeter à la poubelle ces mecs...
Le Canard Déchaîné
Pigeon... mouton... vache à lait... suivant la saison, mais avec TOUS les gouvernements...
16/10/2012 à 14h56 | 1
Un coq de village qui n'est jamais descendu de son tas de fumier, ses pulsions sexuelles lui semblaient un honneur fait à ces demoiselles...
Un coup de genou bien placé est la seule réplique efficace avec ce genre de volatile !!!