Publié le lundi 27 juin 2011 à 08H54 - Vu 509 fois
Les sapeurs-pompiers n'ont pas ménagé la recrue Pierre Cordier. En passant 24 heures avec les soldats du feu nouveau président du SDIS a pu appréhender les contraintes du métier.
Le nouveau président du SDIS a voulu se rendre compte, par lui-même, des servitudes du métier de sapeur-pompier, pour mieux les représenter.
L'INITIATIVE est totalement inédite. C'est en effet la toute première fois qu'un président du SDIS (service départemental d'incendie et de secours) des Ardennes partage, pendant vingt-quatre heures, la vie d'une caserne. Son but : comprendre tous les aspects du métier de sapeur-pompier, afin d'être en mesure de prendre les bonnes décisions, dans l'exercice de ses nouvelles fonctions.
Pierre Cordier, désigné président du SDIS à la fin du mois de mars dernier, a ainsi tenu à passer toute une journée « en immersion » dans un centre de secours, en l'occurrence celui de Charleville-Mézières, où il a été guidé dans sa découverte par l'adjudant-chef Michel Bihay, chef de salle au CTA (centre technique de l'alerte) du SDIS.
Une initiative qui a d'ailleurs valu à Pierre Cordier d'avoir les honneurs de « La Beuquette » de notre cher Yanny Hureaux en ces termes : « Afin d'être à la hauteur de sa mission, il vient durant deux jours de se faire embaucher comme simple pompier à la caserne du chef-lieu. Fallait le voir, casqué, botté, ignifugé, manier la lance d'incendie lors de son baptême du feu ! »
Toujours est-il qu'en demandant d'effectuer cette mission originale, Pierre Cordier n'avait qu'une seule idée en tête, celle d'être à la hauteur de son nouveau rôle : « Pour parler et prendre des décisions sur certains sujets, il faut être allé se rendre compte par soi-même. Je n'ai pas voulu avoir de traitement de faveur. C'est la raison pour laquelle cette immersion a été gardée secrète jusqu'au jour de sa réalisation. J'ai voulu connaître ce métier difficile, pour lequel j'aurai à prendre des décisions pour plusieurs années, notamment en ce qui concerne la dangerosité des missions et la gouvernance nouvelle de l'établissement public ».
Le sentiment du service accompli
Le matin même de sa prise de contact, le président du SDIS est intervenu pour un feu de cartons dans une école au quartier du Theux. Ensuite, il s'est retrouvé au commissariat, pour porter secours à une dame qui avait fait un malaise. Il a ensuite retrouvé la caserne pour un exercice de lutte contre un incendie et s'est intéressé à l'entretien des véhicules d'interventions. Enfin, le soir, il a dormi dans le local où se trouvent tous les autres pompiers de permanence pour la garde de nuit.
Cette initiative a, en tout cas, été vue d'un très bon œil par les responsables syndicaux des sapeurs pompiers du SDIS des Ardennes, qui ont trouvé là, une bonne occasion de faire connaître les servitudes de leur métier au nouveau président. Ainsi, à l'avenir et notamment lors des négociations et des discussions sur leur rôle et les orientations à arrêter, Pierre Cordier saura-t-il de quoi il parle.
Un président volontariste et résolument engagé, qui a rappelé à tous les interlocuteurs rencontrés lors de son immersion, que le budget de fonctionnement est de 18,6 millions d'euros, que le budget d'investissement est de 3,7 millions d'euros et qu'il va falloir absolument maîtriser la dépense publique par des économies de gestion et des réorientations des investissements, notamment par la mutualisation des moyens entre le SDIS et les services du conseil général.
Pierre Cordier avait pris sa garde à sept heures du matin le jeudi 16 juin, pour la terminer le lendemain à sept heures. Il en est sorti avec le sentiment du service accompli.
Bernard DORDONNE
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