Publié le samedi 29 janvier 2011 à 10H41 - Vu 702 fois
REVIN (Ardennes). L'appel à la solidarité départementale semble avoir été entendu hier après-midi. Du centre ville de Revin jusqu'à l'usine d'Ideal Standard (ex-Porcher), dans le calme, les manifestants ont montré symboliquement leur volonté de se battre pour les salariés de Porcher et plus largement pour l'emploi dans les Ardennes.
PAS de cris de guerre, pas de débordements. Simplement un long, très long cortège. Entre 1.500 et 2.000 manifestants (moyenne des chiffres donnés par les participants et les gendarmes).
Le cercueil porté par les salariés de Porcher, contenant leurs 148 noms, en tête. Juste derrière, les écharpes tricolores, élus de tous bords, de tout le département , forment comme un front républicain. La grande banderole des commerçants Revinois (UCAR) suit avec celle des salariés d'Ardam Electrolux. Les drapeaux de tous syndicats émaillent le cortège. Et, puis, la population, bien sûr, des quidams qui se sont également joints au mouvement.
Dans une mise en scène symbolique, celle d'une procession funèbre, ils ont ainsi défilé depuis la place de la République jusqu'à l'usine d'Ideal Standard. Dans le calme, sans slogans, juste accompagnés d'une batucada. Une façon d'exprimer leur colère, mais, surtout, leur volonté de se battre pour les salariés, pour l'emploi. « Il faut que toutes les forces politiques s'unissent, au lieu de se déchirer, avant que cela n'empire. Je pense que, maintenant, nous allons à un enterrement. Alors qu'on préférerait plutôt célébrer la relance de l'emploi », commentait Bruno Marinelli, ancien chef d'entreprise revinois, avant le départ.
« Je suis révolté. Déjà qu'il n'y a pas beaucoup de travail. Avec la fermeture de Porcher, ça va être pire. Et ils vont faire quoi nos petits frères et nos petites sœurs ? Ils veulent tuer les Ardennes ou quoi ? Nous, on ne laissera pas faire en tout cas », s'insurgeait Malek, jeune Revinois de 23 ans.
La bataille n'est pas terminée
Un peu plus loin, un couple de Revinois, Pierre et Marie-Thérèse, confiaient leur solidarité : « Nous nous sommes à la retraite. Mais c'est très important d'être là aujourd'hui, pour les jeunes, les commerces, l'avenir ».
Le cercueil n'a finalement pas été brûlé. Les « Porcher » préfèrent attendre de voir comment va se dérouler la suite des négociations. « Ce cercueil, c'est le symbole de nos années de travail. Il contient notre histoire. Nous le brûlerons le jour où nous fermerons définitivement nos grilles. Et j'espère que de ces cendres, la flamme de notre lutte pour l'emploi ne s'éteindra jamais », déclarait Marie-Claude Moriau, déléguée syndicale FO devant le portail de l'usine.
Pour le député-maire Philippe Vuilque, cette manifestation n'est qu'un début : « Je suis satisfait de voir autant de monde s'être déplacé. C'est un signe fort envoyé à l'entreprise, mais aussi aux pouvoirs publics, pour négocier ce qu'il y a à négocier pour les salariés et pour la réindustrialisation du site. La bagarre ne fait que commencer. On ne peut pas préjuger de la suite. Mais nous ne sommes absolument pas résignés ».
A ses côtés, Boris Ravignon hochait la tête en signe d'approbation. Il confirmait d'ailleurs : « C'est une belle mobilisation unitaire. Et nous allons continuer de nous battre ».
La prochaine action pour les « Porcher », ce sera le vendredi 4 février à Dole.
Céline SOUHAMI
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