Publié le mercredi 03 août 2011 à 09H49 - Vu 1131 fois
Il est certain qu'au prix où sont vendus les produits Hermès, foulards ou sacs, la tentation est grande pour les voleurs. Et au moins, là, ils sont sûrs de ne pas tomber sur des contrefaçons !
BOGNY-SUR-MEUSE (Ardennes). Il a suffi aux malfaiteurs de voler le camion qui les transportait, et que le chauffeur avait bêtement laissé en stationnement, moteur tournant…
CELA ne nous a évidemment pas fait plaisir de l'apprendre par « l'extérieur ». Mais force nous est de reconnaître que c'est par une dépêche, tombée hier matin, sur le site de notre confrère Le Parisien - Aujourd'hui en France, que nous avons été informés qu'une équipe de voleurs sans doute chevronnés, en tout cas très bien informés, est parvenue à s'emparer d'une importante quantité de sacs griffés Hermès, les faits remontant au 21 juillet à Charleville-Mézières.
Ce jour-là, vers 14 heures, un livreur au volant d'un camion transportant plusieurs palettes de cette précieuse marchandise, qu'il était allé charger un moment plus tôt chez le célèbre sellier de Bogny-sur-Meuse, s'était arrêté quelques minutes devant l'hôpital de Manchester pour y déposer un colis, laissant imprudemment son moteur tourner, clé sur le contact. Or, à son retour, il avait constaté le vol de son camion et de tout son chargement.
Un véhicule qui avait été retrouvé, deux heures plus tard, moteur tournant toujours, devant le cimetière de la commune de Belval, les malfaiteurs n'ayant même pas pris le soin de l'incendier. Mais ayant en revanche dérobé, sans la moindre violence, près de 200 sacs de la célèbre marque de luxe. Une marchandise dont la valeur est estimée à près de 800 000 €.
Nous nous sommes évidemment étonnés, auprès des autorités de police et de gendarmerie des Ardennes, qu'elles aient omis de nous faire part de ce « larcin ».
Il nous a été répondu qu'en dépit de la qualité des relations que nous entretenons au quotidien, des ordres immédiats étaient tombés, ce jour-là, de ne communiquer « sous aucun prétexte et avec quiconque » sur cette affaire, dont le service régional de police judiciaire de Reims avait été immédiatement saisi.
Il y a forcément eu un informateur
Hermès étant déjà réputée pour être une entreprise aussi hermétique que la Banque de France, puisqu'il est impossible d'en parler, même pour valoriser certaines de ses initiatives en faveur de l'emploi dans notre département, il est bien évident que sur un coup pareil, ses prétendûment chargés de communication, que nous avons contactés, l'ont évidemment jouée motus et bouche cousue, s'agissant d'une affaire bien ennuyeuse pour l'image de la marque, puisqu'elle signale, à l'évidence, qu'il y a du « mou » dans la sécurité des lieux.
Car, il y a bien dû y avoir forcément un « informateur », en interne, pour renseigner les voleurs, sur le mouvement du stock de sacs, ce jour-là.
Etant entendu qu'il ne fait aucun doute que le camion a été suivi par les voleurs, depuis Bogny, jusqu'à ce qu'ils aient l'opportunité de s'en emparer à la première occasion. N'imaginant d'ailleurs sans doute pas que la tâche leur serait facilitée par l'imprudence du conducteur, lequel pour sa part, ignorait vraisemblablement l'importance de son chargement. Toujours est-il que selon une source proche du SRPJ de Reims, il ne faut pas s'étonner, s'agissant d'un vol comme celui-ci, que la direction d'Hermès, via le groupe LVMH (qui détient désormais 21,4 % de son capital et a toutes ses entrées à l'Elysée), ait obtenu que des consignes de black-out soient aussitôt imposées, à toutes les autorités de police et de gendarmerie, par les « pontes » de la place Beauvau. Lesquels, du coup, ne vont certainement pas être heureux qu'il y ait eu des « fuites », parvenues hier jusqu'à nos confrères du Parisien-Aujourd'hui en France. Et que tout le monde soit, ainsi, désormais au courant.
D'autant plus que, toujours selon cette même source, les auteurs du vol seraient déjà identifiés et pistés, depuis de longs mois, par les unités d'intervention de la police judiciaire, n'attendant que l'occasion de les faire « tomber » en flagrant délit.
Tout comme sont dans le collimateur, jusqu'à ce qu'ils commettent le faux pas qui leur sera fatal, les auteurs du braquage commis, le 15 juin dernier, chez le convoyeur de fonds Loomis, à Villers-Semeuse.
G.G.-M.
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