Publié le dimanche 24 juin 2012 à 09H40 - Vu 173 fois
Hugo doit arriver à Rome début juillet, après être passé par Reims, Châlons, Lausanne, le col du grand Saint-Bernard, Assise…
GIVET (Ardennes) Depuis le mois d'avril, Givet dispose d'un relais sur le chemin vers Saint-Jacques de Compostelle ou vers Rome. Des pèlerins s'y sont déjà arrêtés.
EN moins de deux mois depuis son ouverture, le relais d'accueil des pèlerins ouvert au parc paroissial Richebé, rue Oger à Givet, a déjà accueilli une trentaine de pèlerins.
Ils sont en route vers Saint-Jacques de Compostelle (Espagne) ou vers Rome (Italie). La plupart viennent des Pays-Bas et ont en moyenne 55 ans.
Selon Dominique Fleury, curé de la paroisse, cela fait environ cinq ans que les pèlerins s'arrêtent à Givet, depuis que le nom de la ville a été mentionné dans un guide belge.
La paroisse accueillait avec les moyens du bord ces « chercheurs de Dieu » et, devant l'ampleur des arrivées, a décidé d'aménager un accueil digne de ce nom.
Un des derniers en date à avoir déposé ses quatorze kilos de bagages à Givet est Hugo, 59 ans, un ancien responsable de maintenance dans une usine d'Anvers. « Une fois dans la vie, il faut faire quelque chose de drôle. Le 1er octobre 2006, j'ai pris un congé sans solde pour aller en pèlerinage à Compostelle. J'ai réitéré l'expérience en 2007 et cette année, me voilà en route vers Rome. Sur toutes ces routes, j'ai fait des rencontres extraordinaires. Je suis l'homme le plus riche du monde. Ma richesse, ce sont les souvenirs qui peuplent ma tête. Et cela, les cheiks ne peuvent pas l'acheter, même avec tout l'or du monde », raconte Hugo, marié, père d'une fille et grand-père.
« Il n'y a pas de hasard »
Le pèlerin, comme beaucoup de ses congénères, vit au jour le jour.
S'ils planifient leurs marches comme Hugo qui prépare depuis trois mois son itinéraire long de 2 000 kilomètres jusqu'à Rome, des « trous noirs » existent toujours. Sa foi est mise à l'épreuve à chaque instant.
Mais Hugo a l'impression qu'il n'est jamais abandonné. Dans une rencontre, dans les autres, il est toujours accompagné sur ces routes qu'il sillonne pourtant seul.
L'homme secoue la tête et raconte avec un sourire qui irradie son visage.
« Je n'ai jamais autant réalisé à quel point le monde était petit que lors de mes pèlerinages. Prenez le cas de celui-ci. J'ai dormi dans un relais à Nivelles (Belgique) et dans le livre d'or, j'ai vu la signature de deux personnes que j'avais rencontrées à Compostelle en 2007. Ils avaient dormi dans le même relais le soir. Puis, lorsque j'ai quitté Nivelles, j'ai rencontré une femme, une cinquantaine de kilomètres plus loin, qui m'a interpellé en me demandant si j'allais à Compostelle. J'ai appris qu'elle connaissait l'homme qui m'avait hébergé à Nivelles et qu'elle-même préparait un pèlerinage vers Compostelle avec cet homme ! Il n'y a pas de hasard », raconte Hugo.
Et de témoigner d'une autre expérience : « Une fois, je me suis trouvé dans un endroit désert, entouré de champs, il n'y avait pas âme qui vive et j'étais perdu. J'ai pensé à une amie, Martine, qui était un peu mystique. Je me suis dit Martine, si tu étais là, tu m'indiquerais la route à prendre. Au même moment, j'ai regardé à mes pieds. Et j'ai vu une flèche qui indiquait la gauche ; elle était arrivée de nulle part et c'était la bonne route », conclut Hugo.
A.J.
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site











