Publié le samedi 21 janvier 2012 à 12H00 - Vu 418 fois
Pascal Jeantils (ici à côté d'Eddy Sudres) a été délégué CDT durant dix ans et trésorier du CE avant de passer à FO.
Un délégué syndical fait l'objet d'une procédure de licenciement chez Tecsom. Le torchon brûle entre FO et la direction.
«ON veut couper la tête d'un militant actif parce qu'il fait son travail en informant le personnel ». En engageant, mercredi, une procédure de licenciement « pour inaptitude médicale constatée par le médecin du travail » envers Pascal Jeantils, la direction de Tecsom, à Glaire, a déclenché la colère de Daniel Blondeau, secrétaire départemental Force Ouvrière.
Résumé des faits sur fond de guerre larvée entre les deux syndicats « maisons », la CFDT et FO, qui pourrit incontestablement le climat social au sein de cette PME qui a succédé à Enia.
En septembre 2010, après un arrêt maladie de trois ans dû à un cancer de l'œil, Pascal Jeantils, ex-agent de fabrication, âgé de 42 ans, dont 22 passés dans cette usine, reprend son travail à un nouveau poste : à la récupération des cônes dans l'atelier tuft.
« A l'époque, j'étais encore délégué CFDT. Mais à cette période, le fonctionnement de ce syndicat ne me convenait plus. Trop à la botte de la direction. Mes convictions en ont pris un coup. J'ai alors rompu avec le dirigeant historique de la CFDT, Yannick Vautier, devenu responsable des ressources humaines. Ce qui a ensuite sérieusement compliqué ma situation ».
« On voulait me pousser à la faute »
Sollicité par Eddy Sudres, il passe alors presque « à l'ennemi » en adhérant à FO. Début 2011, iI est élu suppléant au CE. « Avec 30 % des suffrages aux élections professionnelles, FO a alors fait une belle progression. A partir de là, j'ai senti un changement de ton de la direction que, visiblement, je gênais. Nous posions des questions sur la pérennité de l'entreprise, l'inégalité des salaires à des postes similaires et sur le temps d'habillage. Ça ne plaisait pas trop ».
Mai 2011 : Pascal Jeantils se retrouve à l'échantillonnage. « Dans un fief CFDT ».
«Visiblement, on voulait me pousser au clash ». Cap ensuite sur la « prépa fil ». Lassé de tous ces changements et mal à l'aise, Pascal préfère faire valoir son droit de retrait pour se mettre en sécurité.
Selon lui, la direction ne l'a jamais convoqué pour entamer les discussions. « Il a laissé pourrir la situation durant six mois. Depuis septembre, je suis présent dans l'usine de 7 h 45 à 15 h 45 ,sans rien faire ». Jusqu'au jour où Michel Grosselin flanqué de son DRH fait arrêter toutes les chaînes de production pour rassembler le personnel afin d'accuser publiquement Pascal Jeantils et Eddy Sudre de « vouloir aboutir à la fermeture de l'usine afin de toucher une prime supra-légale de 100.000 euros ».
« Une scène ahurissante » que Daniel Blondeau assimile à « l'organisation d'un tribunal populaire ». FO a d'ailleurs décidé de porter l'affaire devant les Prud'hommes pour harcèlement moral. « J'ai récupéré des attestations de salariés prouvant que ça avait bien eu lieu », souligne Pascal Jeantil.
Le 20 octobre 2011, Pascal Jeantils est appelé pour négocier un départ sous forme de rupture conventionnelle. L'intéressé refuse.
Il est alors convoqué à un entretien préalable pour licenciement. On m'a proposé une formation interne et externe ou un poste d'agent d'entretien provisoire à la place d'un collègue de FO, victime d'un accident du travail. « Je n'ai pas voulu franchir cette ligne. Mais j'ai proposé de repartir soit à la récupération des cônes, soit à l'échantillonnage ». En pure perte.
Ce feuilleton se terminera donc devant la juridiction prud'homale. Le contentieux n'est donc pas fini. « Parce qu'ils ne m'ont pas laissé le choix, je vais tout mettre en œuvre pour que la vérité soit connue ».
Pascal REMY
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site









Réagissez