Publié le mercredi 12 octobre 2011 à 09H52 - Vu 3803 fois
Le cerf a fait volte-face et a chargé. Jean-Yves Mathieu, grièvement blessé à l'œil par un des andouillers de l'animal, est décédé à son arrivée à l'hôpital Manchester.
ARDENNES BELGES. Un agriculteur de Saint-Menges, qui traquait, hier, dans une chasse en Belgique, a été tué par un cerf. Grièvement blessé à la tête, le sexagénaire est décédé à son arrivée à l'hôpital.
UN tragique accident de chasse, où les armes sont nullement en cause, a coûté la vie, hier en tout début d'après-midi à Jean-Yves Mathieu, un agriculteur retraité de Saint-Menges, très connu et énormément apprécié dans la commune.
Jean-Yves Mathieu, qui aimait surtout traquer, participait ce mardi à la chasse du « Ban d'Alle » en Belgique, située à seulement deux ou trois kilomètres de la frontière.
Peu avant midi, le traqueur remontait une « coulée », du nom de ces passages naturels empruntés par le gibier en forêt, lorsqu'un cerf a subitement fait volte-face et lui a foncé dessus.
Un comportement extrêmement rare de la part des cervidés qui habituellement, à l'approche des traqueurs, s'enfuient dans la direction opposée.
Manifestement, Jean-Yves Mathieu n'a pas eu le temps de faire le moindre écart face à l'animal, dont les bois l'ont percuté en pleine face.
Très grièvement touchée à l'œil par l'un des andouillers du cerf, qui s'est enfoncé jusque dans la boîte crânienne, la victime a été aussitôt transportée à l'hôpital Manchester de Charleville-Mézières, où elle devait décéder vers 13 h 30.
Infatigable traqueur
La nouvelle de la disparition brutale de Jean-Yves Mathieu, qui habitait « La Louvière », rue Pasteur à Saint-Menges, a laissé toute la commune sans voix, mais également nombre de chasseurs qui connaissaient et appréciaient cet infatigable traqueur que l'on rencontrait aussi bien sur les chasses des « Dos de Loup », du « Ban d'Alle » de « L'aire des oiseaux » ou du « Douer ». (Il était d'ailleurs chef de traque du « Douer »).
Marié à Andrée, retraitée d'EDF, et père de deux filles, Marie-Laure et Aude, Jean-Yves Mathieu avait toujours habité Saint-Menges. Il avait d'ailleurs repris l'exploitation familiale de ses parents. A son tour, il venait de passer le flambeau à l'une de ses filles. Lui aussi très affecté par la brutale disparition de ce concitoyen très estimé, Roger Watelet, maire de la commune, se souviendra, nous a-t-il confié d'un « homme serviable, au contact facile, aimant sa commune dont il connaissait très bien l'histoire ».
Une enquête a été ouverte par la gendarmerie belge pour tenter de déterminer les circonstances exactes de cet accident.
O.R.
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