Travailleurs handicapés : la destruction d'archives c'est leur rayon

Travailleurs handicapés : la destruction d'archives c'est leur rayon

Publié le mardi 02 octobre 2012 à 08H47 - Vu 500 fois

VOUZIERS (Ardennes). Dans leur palette d'activités, les travailleurs handicapés vouzinois s'attellent aussi à la destruction d'archives venues de tout le département. Un travail minutieux mené en équipe.

Ils sont aussi des enfants de la balle. Venus de tout le département, les secrets finissent déchiquetés et compressés entre leurs mains. Rompus aux travaux de sous-traitance industrielle ou encore au paillage de chaise, les travailleurs handicapés de l'Esat de Vouziers règlent aussi leurs comptes aux archives et la technique ne laisse rien au hasard.

« Les documents sont soit enlevés sur place, soit déposés en vue d'un recyclage simple ou d'une destruction préalable pour les informations qui doivent rester confidentielles comme les bulletins de salaire », explique Aude Grandao, responsable commerciale de l'Association ardennaise pour la promotion des handicapés (AAPH), qui emploie sur le site de Vouziers, une trentaine de travailleurs atteints d'un handicap mental à divers degrés, encadrés par quatre professionnels.

166 m3 traités en 2011

Pour ce faire, papiers blancs et de couleur sont minutieusement séparés avant le conditionnement. « Les tarifs de rachat fluctuent sensiblement selon le marché et peuvent passer du simple au double en six mois, mais le papier blanc est racheté plus cher », indique le chef d'atelier, Michel François.

Quant à la confidentialité de certaines archives traitées, elle est assurée à tous les stades dans les locaux de l'Esat, qui passe à la moulinette des documents de cabinets comptables, notaires, avocats, entreprises ou encore d'administrations.

« Sur ces archives, les personnes qui font le tri ne savent pas lire, donc on est sûrs que la confidentialité sera préservée. Par ailleurs pour certains marchés, le fait d'être en local clos et sécurisé est une obligation de notre part », ajoute la responsable commerciale. « Sur certaines archives le processus complet peut prendre trois semaines, un mois, mais pour les archives les plus délicates, tout est déchiqueté dans la foulée de l'enlèvement. »

Après ce tri, le papier est confié aux travailleurs formés sur la machine spécifique de destruction pour la phase la plus technique de l'opération. Les balles ainsi compressées sont alors entreposées sur place avant l'enlèvement par les sociétés de recyclage.

« En 2011 on a traité au total 166 m3 de papier, ce qui représente 8 538 heures de travail. Ça fait déjà une activité importante, même si ça fluctue en fonction des mois et des années », précise le chef d'atelier. « L'intérêt pour les travailleurs est aussi de voir que le papier redevient quelque chose derrière. »

Un boulot valorisant à plus d'un titre.
 

L'union l'Ardennais