Publié le mardi 13 septembre 2011 à 10H05 - Vu 385 fois
Fille de Roger Aubry, Claudine Gerig cherche à comprendre pourquoi l'appareil n'a pas fonctionné.
SEDAN (Ardennes). Son bouton portatif ne fonctionnait pas et la société n'est jamais intervenue pour le réparer. Roger, 93 ans, n'a dû sa survie qu'à l'aide de son voisin.
NORMALEMENT, il suffit d'appuyer sur le bouton pour déclencher l'alerte. Simple, efficace, le système de la téléassistance à domicile a convaincu des milliers de gens de s'équiper de cet appareil ou d'en équiper leurs parents âgés et isolés. Un Sedanais de 93 ans, Roger Aubry, vient d'être victime d'un grave dysfonctionnement qui aurait pu lui être fatal. Cet ancien cheminot, qui vivait seul depuis le récent décès de son épouse, avait souscrit le 11 avril dernier un contrat de téléassistance à domicile auprès de la société Ocealis-Europ Assistance, sous l'affectueuse pression de ses cinq enfants. Le coût de la location mensuelle du matériel, de 38 €, lui garantissait le déclenchement d'une alerte vers une plateforme d'assistance 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Le cœur a souffert
« Nous vivons tous loin des Ardennes. Pour nous, la téléalarme représentait une sécurité en cas d'urgence, même si notre papa est très autonome et bénéficiait jusqu'à cet accident d'une bonne santé » explique Claudine Gerig, l'une de ses filles, qui vit en Alsace. « Lors du test qui a été effectué par un technicien, tout marchait parfaitement. Mais l'équipement est tombé en panne très vite et bien que nous l'ayons signalé, la société n'a envoyé personne pour effectuer la réparation. »
Dans la nuit du 31 août au 1er septembre dernier, Roger Aubry est réveillé par une intense gêne respiratoire et des douleurs au côté gauche. Le Sedanais appuie sur le bouton, qui ne quitte pas sa table de chevet la nuit, et doit en principe déclencher une alarme chez Yves Richter, qui habite en face. Catastrophe, le signal ne fonctionne pas. « Papa a attendu longtemps, n'osant déranger son voisin. C'est en voyant de la lumière s'allumer chez lui, vers 2 heures du matin, qu'il est allé demander de l'aide » rapporte Claudine Gérig. Alerté par Yves Richter, le Samu a placé Roger Aubry sous oxygène et l'a transporté aux urgences du CH Sedan où un œdème aigu pulmonaire d'origine cardiaque est diagnostiqué.
Ses enfants sont arrivés tous à Sedan, en provenance des quatre coins de la France. « Notre papa qui n'avait jamais fait de malaise cardiaque est resté entre la vie et la mort pendant quatre jours. Nous avons été appelés deux fois en urgence à son chevet, à l'hôpital, tant son état était critique. Son cœur a été très touché et déformé. Le cardiologue nous a affirmé que s'il avait pu être hospitalisé tout de suite, les conséquences auraient été moins graves. »
L'un de ses frères a aussitôt écrit à Océalis-Europ Assistance pour protester de l'absence de réponse à leurs réclamations et dénoncer le contrat. La résiliation a été acceptée sans difficulté (lire ci-dessous la réponse de la société), mais les enfants de M. Aubry envisagent de porter plainte. « Nous ne demandons rien, simplement que cela ne se reproduise pas. »
D.B.
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