Publié le samedi 16 avril 2011 à 07H25 - Vu 751 fois
Dommage pour un beau champion comme ça, de se retrouver en justice, fût-ce par amour fraternel !
CHARLEVILLE-MEZIERES (Ardennes). « Baby face » s'était trouvé mêlé, malgré lui, à une bagarre, pour avoir voulu protéger son petit frère, dans un bar de Mézières.
UNE bagarre de bistrot, qui se termine en bourre-pif, c'est tellement commun que ça ne vaut pas trois lignes, en général, même quand l'affaire se termine en justice. Sauf quand l'un des frappeurs est une étoile montante de la boxe, actuellement champion d'Europe, dans la catégorie « plume ». Et que, naturellement, cela en fait un petit événement médiatique. C'est, en quelque sorte, la rançon de la gloire, dont se serait probablement bien passé Sofiane Takoucht, alias « Baby face », 26 ans, natif de Villers-Semeuse et demeurant à Bazeilles.
Trois ans après les faits, il vient, en effet, d'être condamné par le tribunal correctionnel de Charleville-Mézières, à une peine de pure forme, de soixante jours-amendes de dix euros - qui correspondraient néanmoins à deux mois de prison s'il ne s'en acquittait pas - pour s'être servi de ses poings d'acier en dehors d'un ring, le 20 juillet 2008, dans un café très connu de Mézières.
En fait, ce soir-là, c'est son frangin Sifax, 24 ans, qui y était « en embrouille » avec un certain Engin et de nombreux coups avaient déjà été échangés. Or, comme la bagarre commençait à dégénérer grave et que d'autres consommateurs commençaient à vouloir en découdre, Sofiane qui consommait dans un autre établissement, non loin de là, avait alors été appelé à la rescousse, pour prêter main-forte à son p'tit frère. Et s'était alors mêlé à la mêlée. Or, bien sûr, à leur arrivée, les archers du commissariat n'avaient pas fait le détail et avaient emballé tout le monde dans le même sac, sans chercher à savoir s'il s'agissait d'agression ou de légitime défense.
Une ITT de 45 jours !
D'où la conclusion de cette affaire devant les juges, les deux frères se voyant poursuivis pour leur comportement violent, surtout en raison de l'état dans lequel - les photos en attestent - ils avaient laissé le nommé Engin, la tête comme un compteur à gaz, polytraumatisé de la face et souffrant de diverses autres contusions, ce qui lui avait valu une ITT de 45 jours, les séquelles restant d'ailleurs encore à estimer lors d'une audience à venir, sur intérêts civils.
Toujours est-il, donc, que la présidente Jennyfer Picoury a rendu son jugement ce jeudi. Mais, elle a su faire le distinguo entre Sifax Takoucht, très défavorablement connu, déjà titulaire de neuf condamnations, dont six pour violences (il est d'ailleurs actuellement détenu à Laon dans l'Aisne pour une autre affaire) et son champion de frère, au casier judiciaire presque vierge, actuellement employé dans un lycée ardennais.
C'est ainsi qu'elle a condamné le premier des deux à la peine plancher d'un an de prison ferme, tout en reconnaissant toutefois qu'il semble faire des efforts de réinsertion et qu'il a accepté un suivi psychiatrique, tandis qu'elle n'a infligé au « champion » que des jours-amendes. La sanction ne préjugeant pas des suites que pourrait éventuellement décider la fédération de boxe.
Mais, il est vrai que si on devait retirer leur licence à tous les boxeurs, à qui il arrive d'user de leurs phalanges sans y mettre des gants, il n'y aurait plus beaucoup de titulaires dans cette discipline…
G.G.-M
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