Publié le mercredi 19 décembre 2012 à 10H07 - Vu 183 fois
Le processus de la prise d'empreinte commence avec un morceau de ficelle enfoncé dans l'oreille. Ensuite, un petit bouchon de protection est glissé dans le fond du conduit auditif afin de protéger le tympan. Enfin, on introduit de la pâte dans l'oreille.
CHARLEVILLE-MEZIERES (Ardennes). Vendredi, le studio de l'écho géré par l'AME a accueilli des musiciens pour une session particulière. On y a pris les empreintes de leurs oreilles.
Communiquer sur la prévention des risques liés au son dans le milieu des artistes de la musique actuelle, n'est pas ce qu'il y a de plus « sexy » admet Eric Belkhirat, le responsable de l'association de préfiguration de la future Smac (Salle de Musiques ACtuelles), qui acquiesce même au mot « tabou ».
Pourtant vendredi soir, il était plutôt satisfait de voir qu'une quinzaine de personnes confrontées toute l'année à un niveau de décibels puissant étaient présentes dans les studios d'enregistrement d'Aiglemont, pour justement « faire gaffe à leurs esgourdes ».
« À l'initiative du Polca et dans le cadre de la campagne nationale Agissons », musiciens et professionnels du son étaient invités à une séance d'information sur les risques auditifs.
Sexy
L'intervention de « JR », un des membres du dispositif Peace and Lobe (dont font aussi partie Oldelaf, le chanteur des Fatals Picards), dont la mission est de donner des concerts pédagogiques sur les risques auditifs, était assortie de deux autres propositions pragmatiques : un audiogramme gratuit (pour connaître d'éventuelles défaillances auditives) et surtout la réalisation de bouchons d'oreille sur mesure !
A voir de plus près l'opération n'était pourtant pas beaucoup plus sexy. L'intérieur de l'oreille a beau appartenir aux parties les plus intimes du corps, en prendre l'empreinte et le dévoiler n'a rien d'érotique.
Un bout de ficelle sortant de leurs oreilles et une pâte bleue schtroumpf recouvrant la moitié de leur pavillon auditif, Mickael et Steeve, batteur et guitariste du groupe In under et Guillaume, guitaristes de N'cest, ne semblaient toutefois pas traumatisés à l'idée de perdre de leur sex-appeal à cause d'audioprothèses.
Leur inquiétude était plutôt de perdre la justesse du son, une fois équipés de leurs oreillettes. Pas de souci d'après l'audioprothésiste qui a effectué cet « acte médical » : il existe des filtres différents selon l'atténuation demandée, « de 10 db à 27 db pour les ingénieurs du son » par exemple (la limite supportée par l'oreille est entre 100 et 110 db atteinte généralement dans les discothèques). Le choix standard conseillé est de 17 db qui permet d'avoir une « perception fidèle du son même atténué » et en plus de discuter sans les retirer.
Une fois l'empreinte prise, ne reste plus qu'à réaliser le bouchon en « silicone moulé » et donc « réutilisable ». Dans le cadre de la campagne nationale, ces oreillettes étaient proposées à un prix préférentiel (100 euros au lieu de 150 euros). « Nous recevons des financements de l'ARS et du service santé de la région » a expliqué le directeur de Poca Julien Maggiori qui est aussi à l'origine de la distribution gratuite des bouchons d'oreilles pendant les concerts ou encore de la mutualisation des casques anti-bruit pour enfants (disponibles au cabaret vert).
Livraison des oreillettes prévue en janvier 2013.
Nathalie DIOT
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